Economie

Sommet du G20: tensions à tous les étages

Le G20 à Osaka au Japon, les 28 et 29 juin, réunit les chefs d'Etat et de gouvernement des 20 principales économies mondiales.
Le G20 à Osaka au Japon, les 28 et 29 juin, réunit les chefs d'Etat et de gouvernement des 20 principales économies mondiales. REUTERS/Issei Kato

Ce vendredi 28 juin s'ouvre à Osaka, au Japon, le sommet du G20. Ce rendez-vous de la coopération économique se déroulera dans un climat marqué par des conflits majeurs entre les puissances, à commencer par les Etats-Unis et la Chine. 

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« J'imposerai des taxes supplémentaires, des taxes supplémentaires très substantielles, si cela ne marche pas, si on ne conclut pas un accord. » Fidèle à sa méthode, le président américain a dégainé les menaces mercredi sur Fox Business Network.

Des propos qui placent sa réunion avec le président Xi Jinping, prévue en marge du sommet du G20 et la première depuis novembre, sous le signe de la tension alors que son objet était de tenter de marquer une pause dans l’escalade des sanctions économiques que s’imposent mutuellement les deux pays.

La guerre ou la trêve ?

Le mois de mai, marqué par l’échec des négociations entre les deux parties, a été particulièrement tendu. Washington a décidé de relever les droits de douane sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises et menacé de faire de même sur 300 milliards de produits chinois supplémentaires en juillet. De quoi affecter toute la production importée de Chine. Ce à quoi Pékin a promis de répliquer.

Les États-Unis ont aussi bloqué l'accès de plusieurs firmes chinoises à la technologie américaine pour des raisons de « sécurité nationale ». Une mesure visant le géant mondial des télécoms Huawei et qui reflète la bataille pour la domination économique et technologique livrée par les deux puissances. Depuis lundi, les négociateurs en chef américains et chinois se reparlent, mais le climat reste tendu.

D’autres dossiers géopolitiques donneront lieu à une confrontation entre Washington et Pékin : parmi ceux-ci, le dossier nucléaire nord-coréen ou encore la menace de conflit avec l’Iran d’où la Chine importe une partie de son pétrole.

La stratégie de la tension adoptée par Donald Trump rend quasi impossible la tâche des Etats qui souhaiteraient parler d’une seule voix pour aborder les défis communs. Les Européens, qui seront très occupés à trouver un successeur au président de la Commission Jean-Claude Juncker dont le mandat s’achève le 31 octobre, tenteront de plaider pour une réduction des tensions initiées par Washington et qui menacent l’économie mondiale.

Tractations intenses pour un communiqué final

La rédaction du communiqué final du sommet, qui s’il est publié, fera l’objet de tractations jusqu’aux dernières heures, témoigne de l’ampleur de la tâche. Un brouillon qui a commencé à circuler dans la presse laisse transparaître les blocages sur la question de la lutte contre le changement climatique.

L’absence des mentions sur l’objectif de réduire les émissions de CO2 ou le réchauffement climatique semble faite pour ménager les susceptibilités de Washington qui s’est retiré de l’Accord de Paris sur le climat de 2015. Le président français Emmanuel Macron, qui en a fait un axe majeur de sa diplomatie, a expliqué ne pas vouloir que la déclaration finale proclame des objectifs moins ambitieux qu’à l’issue des précédents rendez-vous.

Promouvoir le multilatéralisme dans cette arène de la coopération économique qu’est à l’origine le G20 s’avère chaque fois plus difficile. Surtout depuis qu’un certain Donald Trump a décidé de privilégier le rapport de force à la concertation.

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