Accéder au contenu principal
UE/Mercosur

L'UE et le Mercosur concluent un accord de libre-échange «historique»

L'accord avec le Mercosur inquiète les agriculteurs européens, comme ici lors d'une mobilisation à Bruxelles en janvier 2018.
L'accord avec le Mercosur inquiète les agriculteurs européens, comme ici lors d'une mobilisation à Bruxelles en janvier 2018. REUTERS/Francois Lenoir
Texte par : RFI Suivre
5 mn

L'Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) ont annoncé vendredi 28 juin s'être entendus sur un vaste traité de libre-échange, qu'ils négociaient depuis 20 ans.

Publicité

Cet accord - dont les détails ne sont pas encore connus - est l’un des plus vastes jamais conclu par l'UE avec plus de 770 millions de consommateurs concernés et 18 000 milliards d'euros de PIB.

Il doit permettre d'éliminer à terme 99% des droits de douane entre les deux parties au niveau industriel et agricole mais concerne aussi les services, les marchés publics, les obstacles techniques au commerce, les mesures sanitaires et phytosanitaires et la propriété intellectuelle. Pour les Européens, le volet des droits de douane constitue l’aspect le plus important de cet accord car le Mercosur avait pour l’instant des barrières douanières très protectionnistes, rappelle notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet. Par exemple, 35% de droits de douanes pour l’automobile ou le textile et 27% pour le vin.

Le Brésil s'est félicité de ce « tournant historique ». L'Argentine a, pour sa part, évoqué un accord « sans précédent ». Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est également réjoui dans un communiqué de ce « moment historique », envoyant « un signal fort » dans ce contexte de tensions commerciales internationales.

Inquiétudes

Un enthousiasme que ne partagent pas les agriculteurs européens, qui craignent une concurrence jugée déloyale, ainsi que des ONG, préoccupées par les conséquences pour le climat. Les organisations s’inquiètent plus particulièrement de la situation au Brésil, tant sur le front de l’environnement - elles affirment que le secteur agro-alimentaire brésilien détruit la forêt amazonienne - que sur celui des droits de l’homme. Cet accord devra être intégré à un accord d’association plus large comprenant des volets sur ces sujets.

Pour nous, cet accord commercial ouvre une vraie boîte de Pandore...

Jean-Baptiste Boucher, porte-parole du syndicat agricole européen Copa-Cogeca

 « A quoi bon demander en France et en Europe une montée en gamme en termes de qualité et de respect de l'environnement si c'est pour importer des produits contraires à cet effort ? » s'interroge le syndicat Jeunes agriculteurs. De son côté, la Confédération paysanne, plutôt classée à gauche, a dénoncé sur twitter le « sacrifice de l'agriculture et l'élevage sur l'autel d'un commerce cannibale et d'une course folle à la croissance au détriment du climat, de la planète et des hommes ».

Le compromis doit être encore approuvé par les Vingt-Huit

Le compromis négocié par la Commission doit maintenant être approuvé par les 28 États membres, un parcours qui, dans ce contexte, s'annonce délicat. Si tel est le cas, le texte devra alors être validé par un vote en plénière du Parlement européen.

Les Européens attendaient des avancées du côté du Mercosur en matière d'indications géographiques - 357 seront finalement protégées - et surtout sur l'ouverture de leur secteur automobile. À l'inverse, les Sud-Américains espéraient un plus grand accès au marché européen pour leur production agricole, en particulier leur bœuf, le sucre, l'éthanol et les volailles.

(avec AFP)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.