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France: les 35 heures ont vingt ans

La loi des 35 heures a été instaurée sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin et portée par Martine Aubry, alors ministre du Travail. Ici,le 26 octobre 1999 à l'Assemblée nationale.
La loi des 35 heures a été instaurée sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin et portée par Martine Aubry, alors ministre du Travail. Ici,le 26 octobre 1999 à l'Assemblée nationale. THOMAS COEX / AFP
Texte par : Patricia Lecompte
4 mn

La loi sur la réduction de la durée légale du temps de travail a permis aux employés embauchés dans les entreprises de plus de 20 salariés de travailler 35 heures au lieu de 39 heures.

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Votée en 1998 puis entrée en vigueur le 1er février 2000, la loi des 35 heures est instaurée sous le gouvernement Jospin et portée par Martine Aubry, alors ministre du Travail. Cette loi promet des créations d'emploi et du travail pour davantage de personnes. À la fin des années 1990, la gauche est au pouvoir et veut marquer son empreinte sociale. Présenté comme un remède au chômage, le partage du travail s'impose comme un progrès social.

Les entreprises, avec les partenaires sociaux, mettent en place des accords pour rendre effectives les 35 heures. Certaines optent pour une réduction horaire journalière alors que d'autres choisissent l'annualisation, un mode de calcul qui génère les fameuses RTT, réduction du temps de travail. L'acronyme, qui est vite entré dans la vie des Français, se traduit par des jours de repos supplémentaires, mais pas pour tous les salariés. La mesure crée des disparités de traitement. Les entreprises où les syndicats sont puissants négocient des conditions très favorables pour le personnel, alors que d'autres salariés, moins bien lotis, n’obtiennent pas les mêmes avantages. Certains même ne bénéficient pas du dispositif. Au final, les salariés français ne sont pas tous logés à la même enseigne, mais globalement il y a plus de gagnants que de perdants.

Comparatif européen

Certains pays comme l'Italie, l'Espagne ou la Pologne, optent pour une durée légale du temps de travail de 40 heures par semaine. Au Royaume-Uni, on préfère fixer une durée maximale de 48 heures rabaissée à 40 heures pour les moins de 18 ans. En Allemagne, c'est différent, ce sont les branches professionnelles qui déterminent le temps de travail, ce qui conduit à des écarts importants d'un secteur à l'autre.

Il faut également considérer la durée effective de travail, à savoir le temps réel passé chaque semaine au travail et là, on se rend compte que les Français n'ont pas à rougir. La moyenne européenne est de 40 heures et 18 minutes.

Les Français, eux, travaillent 39 heures et 6 minutes,ce qui est légèrement en dessous de cette moyenne. Ils travaillent également un peu moins que les Allemands avec 40 heures et 24 minutes, mais plus que les Danois qui effectuent 37 heures et 42 minutes. En revanche, grâce aux RTT, les Français ont davantage de congés que leurs voisins : 32 jours de congés payés contre 25 dans l’Union européenne.

Une mesure plébiscitée par les Français

Assez rapidement, il apparait que les 35 heures n'ont pas généré autant d'emplois qu'attendu. Loin de faire l'unanimité, elles sont de plus en plus contestées. Selon le ministère du Travail, un an après leur instauration, les 35 heures auraient permis la création de 350 000 emplois, mais selon l'OCDE elles seraient responsables de 100 000 destructions.

En 2014, la gauche affirme que les 35 heures n'ont pas entravé la croissance de l'économie, mais les statistiques de l'Insee viennent la contredire en démontrant que les 35 heures ont fait perdre aux entreprises françaises de la compétitivité. Après 2002, la balance commerciale de la France a chuté. La réduction du temps de travail a couté cher à l'État qui, en compensation, a accordé des baisses de charges aux entreprises, soit 13 milliards d'euros par an. Sans compter les heures supplémentaires à payer aux fonctionnaires.

Le débat autour de la réduction du temps de travail est loin d'être terminée, les 35 heures restent un sujet clivant. Défendues par la gauche comme une avancée sociale, elles sont fortement décriées par la droite. Pour le moment, aucun gouvernement n'a osé s'attaquer au totem des 35 heures, une mesure plébiscitée par les Français.

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