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Beyrouth prend des mesures pour contrer la dégringolade de la livre libanaise

Un homme devant une agence de voyage saccagée après une nuit de manifestation à Beyrouth le 12 juin 2020.
Un homme devant une agence de voyage saccagée après une nuit de manifestation à Beyrouth le 12 juin 2020. REUTERS/Mohamed Azakir
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au lendemain d'une nouvelle chute spectaculaire de la livre libanaise face au dollar, qui a provoqué une vaste explosion de colère dans tout le pays, le gouvernement, réuni en urgence, a annoncé ce vendredi 12 juin une série de mesures pour stabiliser la monnaie nationale.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Le gouvernement libanais a proposé deux types de mesures, à la fois thérapeutiques et coercitives. La Banque du Liban a été chargée d’injecter des dollars sur le marché pour réduire la pénurie de billets verts qui est à l’origine de la chute vertigineuse de la livre libanaise. Mais cette décision a des limites car la Banque centrale ne dispose plus que de maigres réserves en devises.

Le gouvernement a aussi décidé de créer une cellule de crise qui se réunira deux fois par semaine avec pour mission de suivre de près l’évolution de la situation financière et monétaire. Cette mesure vise à surveiller le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, qui a perdu la confiance des autorités politiques depuis un certain temps.

Le gouvernement veut aussi sévir contre les spéculateurs et ceux qui manipulent la livre. Tout suspect sera immédiatement déférées devant la justice, qui aura le droit de saisir les devises mises en cause dans d'éventuelles opérations illégales.
Des sanctions seront également prises contre toute personne suspectée de propager des rumeurs « portant atteinte à la confiance dans la monnaie nationale ».

►A lire aussi : En crise, le Liban prêt à faire flotter sa monnaie pour obtenir l'aide du FMI

Sur le coup, ce train de mesures a permis de renforcer la livre qui a regagné un peu de terrain face au dollar dans le courant de la journée. La Sûreté générale a par ailleurs arrêté plusieurs personnes accusées d’achat et de vente de devises au marché noir.

Il est trop tôt pour voir se ces décisions vont stabiliser le marché des changes. En tout cas, les manifestants ne semblent pas trop y croire. Ils ont recommencé en début de soirée à investir les places de Beyrouth et des principales villes et à fermer les routes dans les différentes régions.

Ce à quoi nous assistons dans les rues de Beyrouth et des principales rues des grandes villes, c’est probablement le début de l’acte 2 de la révolution libanaise qui a débuté le 17 octobre 2019. Cet acte 2 sera probablement beaucoup moins bon enfant, il y a beaucoup de risques de récupération, de dérives violentes…. Ventre affamé n’a pas d’oreilles…

Karim Emile Bitar

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