Aéronautique

Violences lors du CCE d'Air France, la direction va porter plainte

Le directeur des ressources humaines de la compagnie aérienne, Xavier Broseta, s'est enfui torse nu de la réunion, qui se tenait au siège d'Air France à Roissy, après s'être fait arracher sa chemise par des manifestants, le 5 octobre 2015.
Le directeur des ressources humaines de la compagnie aérienne, Xavier Broseta, s'est enfui torse nu de la réunion, qui se tenait au siège d'Air France à Roissy, après s'être fait arracher sa chemise par des manifestants, le 5 octobre 2015. REUTERS/Jacky Naegelen

C'est un comité central d'entreprise extraordinaire très bousculé qui s'est tenu ce lundi 5 octobre au siège d'Air France. Après la présentation par la direction du plan de restructuration censé augmenter la productivité de la compagnie, des salariés ont envahi la salle de réunion. Certains s'en sont pris physiquement au directeur des ressources humaines, Xavier Broseta. Le CCE a été suspendu et ne reprendra pas ce lundi.

Publicité

La direction du groupe avait prévenu. En cas d'échec des négociations sur le plan Perform 2000 avec les pilotes où il leur était demandé de voler 100 heures de plus par an à salaire égal, elle déclencherait le plan B. Ce lundi 5 octobre, la direction a donc confirmé la suppression de 2 900 emplois, 1 700 au sol, 900 chez les hôtesses et stewards et 300 chez les pilotes.

Air France va également supprimer 14 avions sur ses vols long-courriers ainsi qu'une réduction de 10% de son activité long-courrier d'ici 2017, avec la fermeture programmée de cinq lignes en Inde et en Asie du Sud-Est. La direction prévoit dans ce cadre l'annulation de commandes de Boeing 787 et doit entrer en contact avec le constructeur américain pour en discuter, a indiqué à l'AFP une source proche d'Air France.

Pour la première fois, la compagnie pourrait procéder à des licenciements secs. « Nous lançons le plan B mais nous sommes toujours disposés de rouvrir à tout moment la concertation », a-t-on dit de source proche de la direction. « Notre porte est toujours ouverte pour reprendre les différents dialogues ».

Le DRH d'Air France torse nu

Environ 1 500 salariés s'étaient réunis pour manifester sous les fenêtres du siège d'Air France à Roissy. A l'annonce de ces mesures, quelques manifestants ont envahi la salle où se tenait le comité central d'entreprise. Les plus remontés ont pris à partie le directeur des ressources humaines, Xavier Broseta, qui est apparu torse nu, chemise arrachée. Aidé du service d'ordre, il a dû escalader des barrières pour se mettre à l'abri. Interrogé plus tard, M. Broseta a néanmoins refusé que « l'opprobre soit jeté sur l'ensemble du personnel ». Cependant, la direction de la compagnie va déposer plainte pour « violence aggravée » et dénonce le fait d'individus isolés particulièrement violents. Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long courrier à Air France, a été malmené de la même manière.

Le Premier ministre français s'est dit « scandalisé » par les violences physiques qui ont marqué le comité central d'entreprise d'Air France et a apporté « tout son soutien » à la direction du groupe. Lundi 5 octobre au soir, la majorité des syndicats d'Air France a demandé l'implication du gouvernement dans la résolution des difficultés de la compagnie aérienne, l'invitant à un « engagement fort ». « Un dialogue social consternant et la succession de plans d'austérité ont fait perdre la maigre confiance que les salariés pouvaient conserver en leurs dirigeants », pointe également l'intersyndicale à laquelle ne participent ni CFE-CGC, ni CFDT. Ce mardi 6 octobre, interrogé par RTL, le secrétaire d'Etat français aux Transports Alain Vidalies a, de son côté, expliqué « qu'après les incidents d'hier, la meilleure des réponses c'est que ce soient les acteurs de l'entreprise qui reprennent le chemin du dialogue ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail