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Chronique de Jean-Baptiste Placca

« Angolagate » : le début de la dissuasion

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Pourquoi s’en cacher ? C’est avec une certaine délectation que les populations africaines suivent les menaces distillées par Charles Pasqua,  depuis sa condamnation, le 27 octobre, dans l’affaire dite de l’Angolagate.

Soyons clairs : le sort personnel de l’ancien ministre français de l’Intérieur importe peu aux Africains. Au-delà du cas Pasqua, ils trouvent plutôt salutaire que la justice française sévisse ainsi contre des citoyens français qui trempent, en Afrique, dans des trafics aux conséquences parfois meurtrières pour les populations. C’est à des moments comme ceux-ci que les Africains réalisent à quel point la démocratie et l’indépendance de la justice sont un bien précieux pour les peuples.

Il n’y a pas si longtemps, le même Pasqua était un homme puissant, en Afrique. Qui ne cachait pas son amitié pour certains régimes peu recommandables. A la veille des législatives de mars 1993, il narguait les opposants africains, en promettant, par exemple, à un dictateur avéré, le soutien du gouvernement français, pour se maintenir au pouvoir, dès lors que la droite sera revenue aux affaires. Ce à quoi un autre homme de droite, Alain Madelin, outré, répondit que la France ne peut constituer une sorte de SOS pour dictateurs en péril.

C’est d’ailleurs durant la cohabitation qui a suivi ces législatives que se sont nouées les conditions déterminantes de l’Angolagate. Avec le recul, on réalise à quel point il est indispensable que quelque chose change en France, pour que l’Afrique (francophone, en tout cas) puisse sortir la tête de l’eau.

Il ne s’agit évidemment pas de chercher les causes de tous les malheurs de ce continent à l’extérieur. Mais, face à des réseaux politico-mafieux aussi redoutables, comme ce doit être dur de faire émerger l’état de droit, la bonne gouvernance, et finalement le développement !

Tous ne font pas du trafic d’armes. Beaucoup se contentent du trafic d’influence. C’est tout aussi rentable. Là où il n’y a pas une guerre civile à alimenter en armes, il y a une opposition à museler, ou des élections à remporter frauduleusement. Pour chaque type de demande, les réseaux en question savent proposer des offres appropriées.

On l’avait déjà vu avec l’affaire Elf. On le voit aujourd’hui avec l’Angolagate. En matière d’argent facile, l’Afrique est une terre de chasse bénie, avec une proportion anormalement élevée de dirigeants en manque de légitimité, prêts à tout pour se maintenir au pouvoir.

Au regard de la hardiesse actuelle de la justice française, on peut parier que, tôt ou tard, elle finira par se saisir de tous ces trafics d’influence, qui imposent aux peuples des dirigeants indignes.

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