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Plein Sud

Awa Timbo

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Awa Timbo, une vie, une voix, un rêve Il y a une grâce vivifiante, une intensité à peine palpable et une énergie distillée avec soin dans le chant de cette vocaliste atypique qui mène sa carrière depuis une dizaine d’années à travers le monde et les genres. Awa Timbo naît à Nancy de parents maliens. Dans un entourage familial fortement imprégné par les valeurs traditionnelles, elle grandit bercée par les rêves enfouis dans les pages des contes nordiques. Seule élève africaine à l’école et dans toute la Moselle, la jeune lycéenne s’intéresse aux langues : c’est le début d’une formation de traductrice maîtrisant parfaitement anglais, italien, espagnol et français.

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A cette époque, le désir de chanter est déjà ancrée elle.Inscrite à l’école de musique de Thionville, elle étudie le solfège, le piano et le chant lyrique, puis intègre la chorale de l’institut, où le directeur Johnny Bohr la stimule à interpréter des pièces de jazz. C’est la découverte d’une passion. Elle écoute à longueur de journée Sarah Vaughan ou Al Jarreau, puis, installée à Paris, suit les cours de jazz de la guyanaise Viviane Ginapé. Sa voix en acquiert la latitude et l’aisance dans les mutations de registre. Cela l’aide également à préciser son style. En même temps, le raffinement de son phrasé ne lui fait perdre un rien de spontanéité. Dotée d’une tessiture de soprano, portée aux rapprochements stylistiques ou à la recherche de consonances entre genres éloignés, sa présence intrigue et l’impose dès les premières apparitions en public. Elle fréquente la cour des grands, collabore avec Laurent Voulzy, Maria Carey, Zucchero,Yannick Noah, Arielle Dombasle, Cerrone, Mc Solaar et Axelle Red, parmi les autres. Très sollicitée, elle se produit dans les salles prestigieuses de l’Europe avec plusieurs formations de gospel, comme « Gospel Voices », « Gospel pour 100 Voix », « American Gospel » et « Black Harmony ». Elle y participe enthousiaste, bien que ses motivations soient plus d’ordre religieux qu’esthétique. A la même période, nous sommes à cheval des deux millénaires, elle est lead vocal d’un groupe de standards internationaux, et part pour une longue tournée à Tahiti, puis au Sénégal. Ses expériences se multiplient et se diversifient. Awa accompagne en tournée ou en studio Amadou & Mariam, Jovinho Dos Santos, Paco Sery, Tiken Jah Fakoly, plus récemment Alpha Blondy. Ils sont tous des Africains, témoignage d’un attachement emblématique au continent de ses ancêtres. Cette période des voyages laisse une trace solide dans sa vie comme dans son approche à la musique. Eblouie devant le spectacle des îles polynésiennes, émue face au Christ aux bras écartés de la montagne de Corcovado, à Rio (elle rendra une interprétation poignante de la chanson homonyme), pleine d’effervescence en foulant les pieds sur le sol rougeâtre du Sahel, elle retiendra de ces contacts de terres et de gens les émotions que l’on retrouve diluées dans ses compositions mélodieuses et empreintes de quiétude. En 2004, Awa Timbo forme son quartet. Avec un bassiste - contrebassiste, un batteur et un pianiste, son répertoire jazzy s’ouvre aux influences latines, brésiliennes en particulier, et africaines dans certaines intonations vocales. Comme si le sentimentalisme langoureux de la bossa et la liberté extrême de la musique née à la Nouvelle Orléans étaient les facettes d’un caractère associant étroitement la femme à l’artiste. Cette singularité expressive s’oriente maintenant vers une nouvelle chanson à la fois sophistiquée et intimiste, qui demeure épurée et touchante de douceur dans l’interprétation vocale. Au seuil de sa maturité, Awa préfère l’emploi des notes medium et graves pour mieux exprimer la profondeur d’une personnalité éprise de spiritualité. Elle peut aussi s’envoler légère dans les airs suivant un petit sursaut de l’âme ou un écart émotionnel. Mais sa retenue naturelle, une sorte de pudeur, la préservent toujours de la démonstration artistique. La petite flamme qui éclaire sa voix radieuse et habitée est voilée d’une nostalgie ineffable, mémoire en nuances des gens et des lieux de son vécu, héritage peut être du sang des nomades Peul qui coule dans les veines de sa mère. Généreuse, elle veut partager avec son public cet état d’apaisement et de bonheur teinté d’une mélancolie subtile.

 

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