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Chronique des matières premières

Le lait bientôt échangé à terme à Paris

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Trois nouveaux contrats à terme pourraient voir le jour d'ici l'été prochain, à la bourse de Paris : la poudre de lait, le beurre industriel et le lactosérum, un produit du lait qui est utilisé dans l'alimentation du bétail, mais aussi pour la fabrication des laits infantiles.

L'annonce de Nyse Euronext tombe à pic, alors que la Commission européenne a constitué un groupe de travail sur la faisabilité d'un marché à terme des produits laitiers en Europe, et que le gouvernement français y est très favorable. Cet outil permettrait aux producteurs comme aux industriels de se couvrir contre les fluctuations des cours, à défaut de leur garantir un niveau minimum de prix. Le ministre français de l'agriculture, Bruno Le Maire, s'est même rendu aux Etats-Unis pour étudier le fonctionnement du marché laitier à Chicago, un marché qui a donné naissance à ce qui est devenu la plus puissante bourse du commerce au monde, puisque le beurre et le lait ont été les premières denrées à faire l'objet de contrats à terme à la fin du 19ème siècle. Si le marché du beurre à Chicago a presque fondu, le marché du lait en poudre, lui, est resté bouillonnant : le lait standard, pour la fabrication du cheddar, a fait l'objet de 300 contrats pour livraison décembre en août dernier. Au total, la moitié de la production laitière américaine passe par le marché à terme de Chicago. Mais les équivalences entre la production de base et les produits transformés sont propres aux Etats-Unis : ce marché reste local, contrairement au marché des céréales, beaucoup plus facile à standardiser, et à stocker, ce qui a fait de Chicago la boussole pour le cours des grains à travers la planète.

Nyse Euronext fait le pari que les contrats à terme des produits laitiers européens auront le même destin mondial. Il faudra faire vite : la Nouvelle-Zélande, poids lourd du marché mondial du lait en poudre, a un projet similaire. Or le chantier en Europe est gigantesque : trouver un consensus entre les producteurs et les industriels français, allemands, néerlandais, britanniques... sur les critères de qualité du sous-jacent à ces contrats... Sans compter la formation des éleveurs, peu enclins à considérer les marchés à terme comme une bouée de sauvetage suffisante, au vu des aides d'urgence que Washington a récemment dû verser aux éleveurs américains, eux aussi confrontés à la chute des cours.
 

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