Chronique des matières premières

Le riz dopé par la demande indienne

Audio

Publicité

 

Le gouvernement indien a fini par admettre qu'il avait dû importer du riz, 400 000 tonnes, via des courtiers privés. Et qu'il avait chargé trois sociétés publiques de négoce, de trouver 30 000 tonnes de paddy supplémentaire sur les marchés.
L'Inde, deuxième producteur mondial de riz, a subi la mousson la plus sèche depuis près de 40 ans, suivie de violentes inondations qui ont dévasté les rizières. Après deux récoltes exceptionnelles, ce pays pourrait voir sa production de riz chuter de 17% cette année. Or la consommation est de 80 kg par an et par habitant, le déficit pourrait atteindre 8 millions de tonnes ! L'Inde importe donc pour la première fois depuis 21 ans pour sécuriser ses stocks, et personne ne sait prédire exactement combien elle ponctionnera sur le marché, peut-être 3 millions de tonnes, peut-être plus.

Avec les Philippines - traditionnel importateur, lui, et qui devrait augmenter ses achats, après les deux tempêtes qui se sont abattues sur ses rizières le mois dernier -, l'Inde sera donc le véritable baromètre du marché du riz cette année. Un marché, rappelons-le, très étroit puisque 5% seulement de la production mondiale de riz est échangée. Ce qui rend l'équilibre de l'offre et de la demande toujours très précaire...
S'achemine-t-on pour autant vers une flambée des prix du riz comparable à celle du printemps 2008 ? Certes les contrats à terme à Chicago ont connu leur plus haut depuis 10 mois ; quant au marché physique, le riz thaï à moins de 5% de brisure atteint 520 dollars la tonne. Mais on est encore loin des 1 050 dollars de l'an dernier !

A la FAO, on se veut rassurant : grâce à une bonne récolte en Chine et aux Etats-Unis, la production mondiale de riz cette année ne sera que 2% inférieure à celle de l'an dernier. Surtout les stocks mondiaux devraient être de 30% supérieurs aux besoins, ce qui est largement suffisant selon l'organisation onusienne. Tout dépendra de la gestion de ces stocks dans les pays producteurs. Le gouvernement thaïlandais, premier exportateur mondial, a conservé jusqu'à 8 millions de tonnes de riz de la précédente campagne. L'Inde elle-même a stocké près de 15 millions de tonnes, trois fois plus que d'habitude. Les Indiens pourraient aussi consommer moins de riz, et arbitrer en faveur du blé, cette céréale, abondante cette année, sera moins chère, alors qu'elle avait elle aussi flambé en 2008.

 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail