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Chronique des matières premières

Le Nord Stream à flot

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Le chantier du gazoduc sous la mer Baltique pourrait commencer au printemps prochain. Hier la Suède et la Finlande ont donné leur feu vert au projet Nord Stream. Le nouveau tuyau acheminera le gaz russe vers l’Allemagne.

Il ne manque plus aujourd’hui que l’approbation formelle de la Russie et de l’Allemagne, c'est-à-dire des deux principaux protagonistes et bénéficiaires du projet pour lancer la construction. La consommation de gaz des 27 pays de l’Union devrait augmenter de 25% d’ici vingt ans. Ce gazoduc sous-marin servira donc à terme à accroître les importations en provenance de la Russie, le premier pays fournisseur de l’Union.

Mais dans l'immédiat le Nord Stream a d’abord été conçu pour défendre les intérêts gaziers de Moscou et de Berlin. Premier avantage pour les deux partenaires: diversifier la route du gaz pour sécuriser les livraisons. 80% du gaz russe destiné à l’Europe de l’ouest transite actuellement par l’Ukraine. On a vu en 2006 puis en janvier dernier à quel point cette voie est risquée, les Russes n’hésitant pas à stopper les livraisons lorsque Kiev rechigne à régler l’addition. La crise couve à nouveau. L’approvisionnement de l’Europe pourrait en souffrir a prévenu Vladimir Poutine. Avec une capacité de 55 milliards de mètres cube de gaz, soit quasiment la moitié des quantités exportées cette année par la Russie vers l'Europe, Nord Stream donnera à Moscou un sérieux atout dans ses négociations avec Kiev.

Ce tuyau déposé au fond de la mer Baltique qui reliera directement la Russie à l'Allemagne permet aussi à Berlin de sécuriser un meilleur accès à la ressource, c'est l'autre intérêt du projet. Le géant allemand du gaz, E.on, qui est l'un des principaux partenaires du gazoduc, a récemment signé un protocole d’accord avec Gazprom pour exploiter des gisements dans le nord de la Sibérie. C’est aussi à condition que les volumes livrés par Gazprom augmentent, ce qui in fine améliorera la sécurité de ses approvisionnements, que le groupe français GDF Suez cherche à entrer dans le consortium. La participation française n’est pas finalisée pour l'instant. Nord stream est d’abord destiné aux consommateurs allemands. La solidarité européenne promise par la création d'un grand marché du gaz est encore un voeu pieu; sans attendre qu'il se réalise, l'Allemagne assure ses arrières.  

 

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