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Chronique des matières premières

Beaujolais nouveau : les viticulteurs trinquent

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Le beaujolais nouveau est arrivé. Depuis minuit heure de Paris, on peut déguster partout dans le monde ce vin primeur. Pour le moment ce sont surtout les vignerons qui ont la gueule de bois car ils sont déçus par les prix.

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180 euros l’hectolitre pour le Beaujolais Village, cela ne couvre pas leurs coûts de production. Le cours actuel ne reflète pas la qualité du breuvage déplore l’interprofession. Car ce millésime est, parait-il exceptionnel. Mais si le vin n’est pas rémunérateur pour le producteur, du côté du consommateur, il est encore trop cher, surtout sur les marchés extérieurs qui absorbent 40% des volumes de Beaujolais nouveau.

La bouteille qu’on trouve à 4 euros dans un supermarché français est vendue 22 euros, cinq fois plus cher au Japon, le deuxième pays consommateur de beaujolais nouveau après la France. Avec la récession, même les bons vivants deviennent plus sobres dans leurs dépenses. Que le vin ait cette année un arôme de framboise et une robe myrtille ne suffira pas à déclencher cet achat de convivialité. Mais un prix trop élevé pourrait bien le décourager.

Comme l’ensemble du marché des vins, le beaujolais nouveau subit cette année le contre-coup de la crise économique. La demande à l’export, et par contamination les prix, ont baissé pour tous les vins du monde. Par rapport à 2008, les ventes françaises de vin sur le marché mondial, ont baissé de 11% en volume et de 24% en valeur sur les neuf premiers mois de l’année.

La France accuse le coup, mais comparativement à d'autres, elle a plutôt bien résisté à la crise. En Australie, un pays souvent perçu comme un concurrent inquiétant, les viticulteurs sont sinistrés, contraints d'arracher la vigne récemment plantée. Les grosses sociétés qui les soutenaient ont disparu quand la crise financière a bouleversé leurs espoirs de retour rapide sur investissement.

Le modèle français, longtemps décrié pour son manque de compétitivité, se révèle plus durable que prévu. Autant par choix que par nécessité, les exploitations familiales qui en forment l'armature ont tenu le choc et espèrent bien redevenir rapidement bénéficiaires. Le beaujolais nouveau, vendu à partir de ce jeudi à grand renfort de publicité, fait vivre par exemple la moitié des viticulteurs de ce vignoble.
 

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