Accéder au contenu principal
Revue de presse française

A la Une : profil bas pour les Bleus

Audio

Publicité

La France est qualifiée pour le Mondial 2010, mais il n’y a pas de quoi pavoiser. C’est le sentiment qui domine ce matin dans les journaux. « Ouf ! », s’exclame France Soir. « Miraculeux », s’esbaudit Le Parisien. Car, souligne-t-il, Henry a donné « un sacré coup de main aux Bleus ». Un contrôle de la main du capitaine tricolore dans la surface qui a permis à William Gallas d’égaliser face aux Irlandais, dans les prolongations. L’arbitre n’a rien vu. Et c’est bien le seul. Cette main en rappelle une autre, soupire Le Parisien, « celle de Diego Maradona en 86 contre l’Angleterre. »

Profil bas…

Et oui, « la main de Dieu », s’exclame L’Equipe en Une. Pas de triomphalisme pour le quotidien sportif, bien au contraire. L’Equipe qui se fend d’un éditorial en première page, intitulé « profil bas », et qui résume bien la situation : « il serait tentant, mais si simple et tellement démagogique, écrit L’Equipe, de ne retenir que le résultat et la joie qui inonda le Stade de France et tout le pays au coup de sifflet final. Ce serait mentir aux Bleus, s’exclame le journal : ce n’était pas de l’enthousiasme, mais du soulagement (…) et même une surprise au bout de deux heures de jeu. »

Pour L’Equipe, en effet, cette rencontre a été « la conclusion paroxystique de 14 mois d’éliminatoires pendant lesquels les Bleus n’auront jamais réussi un match de niveau international convaincant. » Et pour le quotidien sportif, « la question du maintien du sélectionneur à son poste est légitime. Raymond Domenech est parvenu à qualifier l’équipe de France, mais, sur ce qu’elle a encore montré hier, sera-t-il l’homme de la situation pour la faire progresser en sept mois ? », s’interroge L’Equipe qui conclut, avec réalisme : « les Bleus ne forment pas une grande équipe. Forment-ils une équipe d’ailleurs ? Peu importe la réponse aujourd’hui. Espérons simplement qu’ils la trouvent d’ici au mois de juin prochain. »

La qualification des Bleus : un « scandale » !

Voilà un éditorial donc sans concessions. Et les commentateurs de la presse régionale sont sur la même ligne. « Que ce fut laborieux ! », soupire L’Union. « Cette rencontre n’a pas été à la hauteur de l’enjeu. On attendait des géants de l’art. On a eu des barbouilleurs à crampons. »

« Avant de se sauver à la force du poignet, les Français n’avaient fait jusque là que mériter de perdre, renchérit La République du Centre. Une trouille monumentale les avait exposés aux assauts d’Irlandais ayant retrouvé les vertus du « fighting spirit ». Pour cela, (…) la qualification des Bleus constitue d’abord un scandale », s’indigne La République du Centre. « On n’ose imaginer, rajoute-t-il, ce qu’aurait provoqué une aussi grossière erreur d’arbitrage en sens inverse. Tout cela rend donc particulièrement impudiques les effusions de fin de match. (…) Il serait plus honnête d’admettre que les Bleus ont resquillé pour pouvoir se rendre en Afrique du Sud. »

Bref, comme le souligne Le Journal de la Haute-Marne, « il n’y a pas de quoi être fiers. Maintenant, l’équipe de France doit se reprendre, et pas qu’un peu – c'est-à-dire s’améliorer – pour la Coupe du monde. Sur le papier, poursuit le quotidien champenois, elle a peu de chances d’aller loin dans la compétition, si l’on en juge par la médiocrité récurrente de ses prestations. »

S’il n’en reste qu’un… Hugo Lloris !

Alors s’il n’y a qu’un seul joueur tricolore à retenir de ce match, ce n’est certainement pas Thierry Henry, on l’aura compris. Ce n’est pas non plus William Gallas qui a marqué le but égalisateur. C’est bien Hugo Lloris, le gardien de but lyonnais, qui a tout simplement, estime L’Equipe, « maintenu en vie l’équipe de France avec deux arrêts décisifs de très grande classe. (...) Lloris a entretenu l’espoir. Et ses partenaires auraient pu davantage s’en inspirer », affirme le quotidien sportif.

L’art, le jeu et la guerre…

Enfin, ce jeudi, le quotidien Libération prend de la hauteur sur l’actualité en nous proposant un numéro spécial écrit, s’il vous plaît, par une cinquantaine de philosophes. Alors, que peut dire un philosophe sur le football ? Et bien, il s’interroge et il analyse. Ainsi, « quel caractère possède le football pour être si extrême dans ses passions ? », se demande Robert Maggiori, professeur de philosophie et journaliste. « Il est universel, répond-il. Aucun sport ne suscite des réactions populaires si violentes, si irrationnelles, n’est capable de susciter la plus profonde tristesse, la déception, l’enthousiasme fou, la liesse. Et cette universalité rapproche le football d’autres activités toujours présentes dans les sociétés humaines : l’art, le jeu et, hélas, la guerre. »

Alors, la guerre ? Robert Maggiori prend l’exemple des derniers incidents entre l’Egypte et l’Algérie. Et l’art, me direz-vous ? « Il suffit, constate-t-il, de regarder une passe en retrait de Dunne pour Keane (qui a permis d’inscrire le but irlandais hier soir), un sauvetage de Hugo Lloris et une main de Thierry Henry. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.