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Revue de presse française

A la Une : la main de Thierry Henry

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Par : Brice Barrillon

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C'est « une affaire d'Etat », dixit Le Figaro. Rendez-vous compte : les Irlandais veulent rejouer le match et bien entendu, les politiques s'en mêlent.

La Charente Libre fait une étonnante synthèse de ces commentaires politiques : « on bétonne avec autant d'ardeur et de chauvinisme, à gauche comme à droite, relève le journal. Entre Rama Yade, qui dit qu'on ne peut pas parler de triche, l'UMP Mariton, pour lequel la gêne française s'explique par un comportement maso, Daniel Cohn-Bendit expliquant que Henry a fait son job et que le football c'est comme ça... ou encore Marie-George Buffet, ex-ministre communiste des sports, qui dégage en touche : pour elle c'était à l'arbitre de sanctionner la faute ».

La traduction de tout cela se trouve à la Une d'Aujourd'hui en France-Le Parisien : il y a un « malaise » et la main de Thierry Henry devient un « débat national.»

Le match peut-il être rejoué ?

C'est « l'affaire de tous », explique Le Parisien, qui se penche aussi sur les questions que l'on se pose : « est-ce que la vidéo aurait empêché cette erreur d'arbitrage ? ». La réponse est oui.

Est-ce que le match peut vraiment être rejoué ? Le Parisien a fait une rapide enquête et il estime que non, malgré la fureur de la fédération irlandaise et du Premier ministre, Brian Cowen. La possibilité est infime, lit on dans Le Parisien, au regard du règlement et des précédents qui en vérité n'existent pas.

Autre question : est-ce que les Bleus ont pris conscience de la mesure de l'événement quand le match s'est terminé ? Là encore la réponse est non. Les joueurs ont laissé éclater leur joie « au mépris de la détresse des Irlandais et cela a choqué bon nombre de spectateurs. »

En gros et à la Une le titre de Libération est le suivant : « C'est pas le pied! ». Eh non c'est la main, sur la photo à coté, celle de Thierry Henry.

« La polémique sur la qualification des Bleus enfle, aussi bien en France qu'en Irlande », annonce le journal. « Jeu de main, jeu de vilain », explique Laurent Joffrin, le directeur de la rédaction, pour lequel on aurait pu faire un rêve. « C'est que le capitaine français informe l'arbitre qu'il a commis une faute. C'eut été élégant, avec du panache, mais ce n'est pas le cas. Mieux vaut empocher le match en rasant les murs... et tant pis pour les grandes idées et le football généreux. Après tout, nous ne sommes pas en guerre avec l'Irlande. »

Nous sommes tous des Irlandais

L'Irlande, très catholique, pourrait lire le journal La Croix où l'on pratique l'absolution vis-à-vis de Thierry Henry avec des arguments sportifs. Il faut, paraît-il, se placer dans les habitudes du sport. Au foot, les erreurs d'arbitrage font partie du jeu et on fait avec. Un jour une équipe en bénéficie, une autre fois elle en pâtira. Et le capitaine français l'a résumé comme cela après le match. « Oui, il y a la main, mais je ne suis pas l'arbitre ». La Croix trouve que cela a le mérite de la franchise. Toute faute avouée étant en principe pardonnée, Dieu fasse que les Irlandais l'entendent ainsi.

A moins qu'ils écoutent Jacques Attali lequel se démarque sur le site slate.fr. Pour lui : « après l'acte inqualifiable de Zidane à Berlin, il y a maintenant l'acte malhonnête de Henry à Paris et le football se discrédite ». « Je me sens Irlandais », écrit Attali. « Nous sommes tous des Irlandais », a titré slate.fr

La tête du nouveau président de l'Europe

La presse française apprécie mollement le nouveau président de l'Europe et la nouvelle ministre européenne des Affaires étrangères.
« Deux inconnus pour incarner l'Union ». Ouest France reconnaît aux 27 un mérite. « Hier soir, ils ont fait vite et sans bagarre, un vote unanime ». Herman Van Rompuy, Premier ministre belge, était le favori et pour Ouest-France, « c'est le choix d'un homme de compromis ».

Les Echos, journal d'économie, applaudit à la Une : l'Europe se choisit « enfin un président ».

Personne ne connaît vraiment Monsieur Von Rompuy, mais il est présenté comme « un fin négociateur, un facilitateur de compromis ».
Le journal nous explique qu'il y a eu « un revirement de dernière minute » de la part des Britanniques qui ont lâché Tony Blair. En échange, ils obtiennent le poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères, attribué à Catherine Ashton, actuellement commissaire au Commerce extérieur. Elle est baronne et membre du parti travailliste. Elle a « un style direct », selon Les Echos.
D'autres journaux relèvent surtout qu'elle n'a pas d'expérience diplomatique.
Tout cela fait que Libération parle d'un « Président pour la déco. »
C'est un peu ce que dit aussi La République du Centre et Jacques Camus, dont la plume se trempe dans un soupçon d'ironie : « Monsieur Van Rompuy, écrit-il, avait toutes les qualités requises : inodore, incolore et sans saveur ».

Libération l'expédie encore plus vite. Pour lui, le Belge est un « anesthésiant local »... mais... « Ce chrétien-démocrate a été voulu par Paris et Berlin ».
Le Figaro présente les choses de la façon suivante : Bruxelles est comme un « meccano» et dans ce grand jeu « Paris et Berlin », hier soir, « ont gagné la partie. »

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