Revue de presse française

A la Une : le débat sur l'identité nationale

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Qu’est-ce qu’être Français ? A la veille du lancement officiel du débat sur l’identité nationale, voulu par le gouvernement, La Croix se penche sur l’identité des Français. La Croix qui entend élargir la réflexion : « le débat sur l’identité nationale, lancé par Eric Besson, s’est trouvé dès l’origine biaisé, par l’intitulé même de son ministère qui lie identité française et immigration, explique La Croix, comme si l’atomisation de notre société avait pour seule cause la présence d’immigrés. Il serait bien préférable, poursuit le journal, de s’interroger sur ce qui unit aujourd’hui les Français dans la diversité de leurs appartenances, au sein d’une Europe et d’un monde si proches. »

70% des Français se sentent… français !

Alors, La Croix propose quelques pistes de réflexion avec un sondage : « premier diagnostic, constate le journal : pas de trouble massif de l’identité. A près de 70%, les Français se sentent… français. (…) Et les personnes interrogées placent les droits de l’Homme, la langue, le système de protection sociale, la culture, dans le hit-parade des valeurs qui forgent l’identité nationale. A l’inverse, remarque La Croix, la religion ne paraît pas déterminante. »
Par ailleurs, à la question de savoir ce qui rapproche le plus les personnes, « le 'milieu social' est cité en premier », constate le journal. Ensuite, viennent le lieu de résidence et la culture. La nationalité et la religion arrivent en dernière position…
Commentaire de La Croix : « ce sondage révèle une opinion plus apaisée que crispée sur cette question de l’identité nationale. »

Les policiers ne montrent pas l’exemple…

Autre contribution au débat, cette fois apportée par Libération, au travers d’un témoignage choc : la question de l’exemplarité des représentants de l’Etat. Une question qui, estime le journal, « devrait être même au cœur du débat voulu par Nicolas Sarkozy. »
Ce témoignage est celui d’un jeune étudiant de Sciences-Po Paris, Anyss Arbib. Il raconte longuement comment il a été témoin et victime à Paris de violences de la part de la police. C’était mercredi dernier, après le match Egypte-Algérie. Il se trouvait près des Champs Elysées au moment où des casseurs sont entrés en action. « Je suis un Français comme un autre, mais ma tête m’a valu un traitement particulier », affirme-t-il. Anyss Arbib raconte qu’il a été agressé verbalement et physiquement par les forces de l’ordre, avec des propos du genre : « dégage, sale Arabe ! » Cette formule raciste est d’ailleurs reprise en titre par le journal. « Je me suis retrouvé, explique-t-il, identifié comme un ennemi dans ma propre République. Or, les seuls points communs entre un casseur et moi, poursuit-il, c’est qu’on est tous les deux Français et qu’on a tous les deux le teint bronzé. »
Pour Libération, « ce récit fait remonter à la surface ce que supportent quotidiennement des milliers et des milliers de jeunes et de moins jeunes Français : la discrimination au faciès. »
Libération qui affirme donc que ce débat sur l’identité nationale « soit l’occasion de tout mettre sur la table, y compris ce qui pourrait déranger le chef de l’Etat et son ministre de l’Immigration, Eric Besson. »

Des revendications « lancinantes »…

Jour de grève ce mardi dans l’Education Nationale… L’Humanité nous expose les 5 grandes raisons de la grogne des enseignants. Et la première d’entre elles, c’est les suppressions de postes. « 25.000 postes d’enseignants ont été supprimés en 2008 et 2009. 55.000 autres le seront d’ici à 2012. L’Education nationale paie au prix fort, s’exclame le quotidien communiste, le dogme libéral sarkozyste du 'non-remplacement d’un départ de fonctionnaire à la retraite sur deux'».
« La énième réforme qui passe mal, les suppressions de postes par milliers, les revalorisations promises en vain… », renchérit Le Dauphiné Libéré. « Il y a, officiellement, un peu de tout cela dans les lancinantes revendications des enseignants en grève ce mardi. » Mais il y a aussi, ajoute le journal, « un malaise, un vaste questionnement. Comme si le métier de professeur, par définition le plus beau du monde, apparaissait en constant décalage avec une société aux repères brouillés. »
Autre commentaire pour L’Union : « une réforme ? Une grève ! », déplore le journal pour qui « l’aptitude des syndicats enseignants à programmer des journées d’action dès qu’un changement est annoncé est une constante irritante de la vie éducative. (…) Est-ce à dire, s’interroge le quotidien champenois, que les profs sont dans le malaise permanent et qu’ils sont les éternels frustrés d’un monde en mouvement ? »

« Le pigeon n’est pas dans l’assiette… »

Enfin, le coup de gueule des sénateurs à propos de la TVA dans la restauration. Les sénateurs qui menacent de revenir sur l’abaissement de la TVA qui a bien plus profité aux restaurateurs qu’aux consommateurs… Un coup de gueule qui fait figure de coup d’épée dans l’eau, car le gouvernement ne reviendra certainement pas sur ce qu’il a décidé. C’est le point de vue des commentateurs ce mardi.
Ainsi pour La Charente Libre, « il ne faut tout de même pas prendre les sénateurs – et surtout pas ceux de la majorité – pour des saboteurs de l’action gouvernementale.»
Il n’en reste pas moins reconnaît L’Alsace, « qu’en pleine crise économique, la baisse de la TVA dans la restauration a lourdement pénalisé les Français. D’abord, en alourdissant le déficit budgétaire, ensuite en créant de faux espoirs d’allègement des additions. » Résultat, ironise L’Alsace, « le pigeon n’est pas dans l’assiette, il est assis à table. »
 

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