Revue de presse Afrique

A la Une : le processus électoral en Côte d’Ivoire…

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Le processus électoral en Côte d’Ivoire… La polémique se poursuit à propos de la date du scrutin et de la légitimité de certains candidats…
La presse ivoirienne n’en finit plus de sortir les calculettes pour tenter de répondre à la sempiternelle question de la date de l’élection présidentielle…
Pour Nord-Sud, « si l’on s’en tient aux indications données le week-end dernier par le président de la CEI, la Commission électorale indépendante, la compétition ne pourrait, dans le meilleur des cas, avoir lieu qu’en mars 2010. (…) En janvier, souligne Nord-Sud, la CEI en serait encore à confectionner la liste électorale définitive. »

Une si longue attente…

En attendant, on connaît au moins la liste des prétendants. Ils seront 14… 14 candidats au fauteuil de président. Parmi eux, l’opposant historique, Alassane Ouattara, qui n’avait pas pu participer aux précédents scrutins en raison de problèmes de nationalité… Cette fois, il est dans la course. Et Le Patriote, le quotidien de son parti le RDR, s’en félicite. « Quatorze années de lutte sans merci contre l’arbitraire des princes régnants, quatorze années de combat obstiné contre l’exclusion, la diabolisation et la marginalisation, viennent de porter leurs fruits, s’exclame Le Patriote. Réclamé par une bonne partie de ses compatriotes, ADO est enfin dans les starting-blocks pour les futures batailles électorales en vue de la conquête du pouvoir d’Etat. »

Laurent Gbagbo le « magnanime »

Autre son de cloche dans le quotidien Notre Voie, journal proche du pouvoir présidentiel : « Alassane Ouattara, écrit-il, (…) doit sa présence sur la liste de départ à la magnanimité, à l’esprit de paix et d’ouverture du président de la République, Laurent Gbagbo. (…) Parce qu’à la vérité, poursuit Notre Voie, Alassane Ouattara continue de traîner la question de sa nationalité ivoirienne à problème comme un boulet. » Et Notre Voie d’affirmer que la candidature de l’opposant est juridiquement irrecevable, reprenant des arguments déjà entendus par le passé.
Notre Voie qui remet en question également la candidature de l’ancien Président Henri Konan Bédié, atteint selon le journal, par la limite d’âge, 75 ans. « Il doit sa présence dans les starting-blocks à l’accord de Linas-Marcoussis », et uniquement, souligne Notre Voie.

Pour qui roule Dahico ?

Ca n’est pas tout. Le journal proche du pouvoir critique également la candidature de l’artiste comédien Adama Dahico, d’origine malienne, naturalisé ivoirien en 2004. Notre Voie rappelle qu’il faut 5 ans pour devenir électeur et 10 ans pour être éligible… Mais, souligne-t-il, Adama Dahico a bénéficié d’une décision exceptionnelle du Conseil constitutionnel pour pouvoir se présenter : « son talent d’humoriste aux sketches rassembleurs et prônant la paix a joué en sa faveur. » Toutefois, affirme Notre Voie, « la présidentielle est loin d’être un jeu dans le contexte actuel de sortie de crise. »
On revient au quotidien Nord-Sud qui s’intéresse de près également à la candidature d’Adama Dahico. Pour ce journal, la candidature de l’humoriste est en fait « une arme politique pour Gbagbo. » Objectif : « banaliser la candidature d’Alassane Ouattara, (…) en briser la symbolique et la charge affective. »

Du piment !

Le quotidien Le Pays au Burkina affirme lui aussi que c’est Laurent Gbagbo qui «devrait être le plus grand bénéficiaire de la candidature d’Adama Dahico. Sans doute l’humoriste ivoirien se sentira-t-il le devoir de lui renvoyer l’ascenseur, écrit le journal, après avoir obtenu de lui une dérogation spéciale l’autorisant à être présidentiable. »
En tout cas, « une certitude, s’exclame Le Pays, la descente dans l’arène de l’humoriste aura l’avantage de détendre l’atmosphère, dans une Côte d’Ivoire qui n’en a pas encore totalement fini avec ses crispations. (…) Adama Dahico apportera son grain de sel et son piment à la sauce électorale ivoirienne, poursuit le quotidien burkinabé. Toutes choses qui pourraient lui valoir une forte sympathie des électeurs fatigués des politiciens. »

A quand l’autosuffisance alimentaire ?

Le Niger… Alors que le bras-de-fer politique se poursuit entre le pouvoir et l’opposition, un autre sujet de préoccupation commence à poindre dans les journaux et au sein d’une bonne partie de l’opinion : la crise alimentaire… Un sujet tabou pour les autorités. Et comme le souligne Le Canard Déchaîné, « cette année, comme en 2004, on risque d’assister à des divergences entre le régime de Mamadou Tandja et les organisations et autres ONG humanitaires spécialisées dans le domaine de l’aide alimentaire. » En effet, explique l’hebdomadaire, « les autorités de la 6e République ne veulent pas entendre parler de crise alimentaire ni de situation alimentaire difficile. »
Et pourtant, constate Le Canard, « à peine un mois après la fin de la saison des pluies, les prix des céréales crèvent les plafonds. » Il y a certes les aléas climatiques, relève le journal, mais il y a également des problèmes structurels. « Il faut ôter les lunettes de bois pour porter des bons correcteurs, s’exclame Le Canard Déchaîné, afin de trouver des solutions durables à même de permettre d’arriver à l’autosuffisance alimentaire. » Et l’hebdomadaire nigérien de conclure : « c’est d’une vraie politique agricole dont le Niger a besoin et non d’une République tcha tcha tcha. »

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