Revue de presse Afrique

A la Une : le feuilleton de la présidentielle en Côte d’Ivoire

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Le débat se poursuit sur l’organisation et la date du scrutin. Ca y est… La date fatidique du 29 novembre est passée. Le scrutin aurait dû -ou aurait pu- avoir lieu avant-hier dimanche, selon les différentes appréciations des uns et des autres… Et le passage de cette date, qui a été un véritable point de mire pour tous les Ivoiriens, ravive donc le débat dans le monde politique et dans la presse sur le «chronogramme» des élections, comme on dit sur le continent. Avec toujours cette lancinante question de la date du scrutin et des différentes conditions pour y parvenir.

Rien de plus…

Hier, le président Gbagbo a convoqué les principaux acteurs du processus électoral, ainsi que les responsables militaires. Il s’agissait de faire le point sur le calendrier. Et comme le constate le quotidien gouvernemental Notre Voie, le président de la Commission électorale indépendante, Robert Beugré Mambé s’est borné à rappeler les quatre étapes obligatoires avant la tenue du scrutin : « la gestion du contentieux, la production des listes et des cartes électorales, la distribution des cartes, et le temps de la campagne électorale. Tout cela mis bout à bout et, vous avez la date des élections », a-t-il déclaré.

« Quand prendra fin cette comédie populaire ? »

Pour sa part, la presse d’opposition commence à s’impatienter… Le Nouveau Réveil rapporte les propos tenus hier lors d’un meeting par Alassane Ouattara : « nous allons exiger, a-t-il affirmé, que les élections se tiennent au début de l’année prochaine courant janvier-février. »
Et dans les colonnes du quotidien d’opposition, le ton se durcit : « avant-hier dimanche, c’était le 29 novembre, jour où devait se tenir le premier tour de l’élection présidentielle. (…) Et personne n’a bronché. Sixième report de la présidentielle, s’exclame le journal. Quand prendra fin cette comédie populaire ? » s’interroge Le Nouveau Réveil. Le quotidien d’opposition se pose également des questions sur le comportement de la Commission électorale indépendante et rappelle que celle-ci «ne fait que proposer une date. Et c’est en dernier ressort, écrit-il, le président de la République qui, au gré de ses intérêts l’accepte ou la rejette. » Bref, pour Le Nouveau Réveil, c’est bien Laurent Gbagbo qui tire les ficelles et qui entend encore gagner du temps.

Un désarmement par la force ?

Le Patriote, le journal du RDR, le parti d’Alassane Ouattara va encore plus loin. Le Patriote qui affirme que « Gbagbo prépare un mauvais coup. (…) Qu’il entend lancer des offensives contre des positions des Forces armées des Forces Nouvelles dans le grand ouest et dans le nord du pays. Une sorte de désarmement par les armes », qui d’après Le Patriote, lui permettrait de laisser encore passer quelques mois et de n’organiser la présidentielle qu’en octobre 2010, « c'est-à-dire, s’exclame le journal, boucler deux mandats en un, mais surtout se donner de réelles chances, en gagnant ainsi un temps considérable, synonyme à ses yeux de l’essoufflement financier de ses adversaires (…). »

« La CEI doit prendre ses responsabilités »

De son côté, L’Observateur au Burkina, sans aller jusqu’à avancer des scénarios compliqués, affiche également son impatience : « il faut bien qu’une date soit enfin fixée et que l’on s’y tienne pour régulariser la succession au fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire. Car cela fait trop de reports maintenant. » Et le quotidien burkinabé de rappeler que cela fait presque dix ans que Laurent Gbagbo est au pouvoir, et qu’il devait mettre son fauteuil en jeu en 2005. « Il est vrai que certains n’ont pas intérêt à ce que la situation se normalise, relève L’Observateur, mais il faut bien mettre fin à ce désordre. Alors, conclut-il, la CEI doit prendre ses responsabilités et fixer une date définitive et fixe. »

Intolérance…

Etonnement et inquiétude dans la presse ouest-africaine après le référendum en Suisse sur l’interdiction des minarets. « On peut comprendre que l’amalgame entre l’Islam et le terrorisme ait fait ses preuves, affirme le journal en ligne burkinabé Fasozine. (…) On peut aussi se dire que les problèmes entre la Libye et la Suisse ont joué sur cette vox populi. (…) Mais cela ne saurait conduire à cette intolérance coupable, s’exclame le journal. (…) Mais de là à rejeter toute une communauté religieuse, il y a une frontière que les Suisses n’auraient jamais dû franchir. »
Le Pays, toujours au Burkina, s’interroge sur les répercussions de cette votation : « à vouloir acculer et accabler une communauté, qui a jusque-là fait preuve de pacifisme, ne risque-t-on pas de la braquer, de la pousser à la révolte ? C’est peut-être l’objectif recherché par les nationalistes suisses. (…) Et cette affaire, conclut le journal, est révélatrice du sentiment anti-immigré qui s’empare de plus en plus de la Suisse, voire de l’Europe toute entière. »

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