Revue de presse Afrique

A la Une : les rapts se multiplient dans la zone sahélienne

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Localisés ? Libérés ? On a eu l’espoir mardi soir, l’espace de quelques heures, d’un dénouement heureux dans l’affaire des 3 humanitaires espagnols enlevés dimanche dernier en Mauritanie. Le portail d’information Mauritanie-Web relayant l’agence de presse espagnole DPA, annonce en effet en fin d’après-midi que « les trois travailleurs humanitaires espagnols ont été localisés par l'armée mauritanienne et que des négociations auraient débuté avec les ravisseurs. »
Ensuite on apprend que « les trois humanitaires espagnols ont été abandonnés par leurs ravisseurs près du Sahara Occidental ».
Mais quelques heures plus tard, c’est la douche froide : démenti formel des autorités marocaines…

Compassion, consternation et tristesse…

Ces trois humanitaires, deux hommes et une femme, font partie de l’association Barcelona Accio Solidaria qui fournit, entre autre, du matériel aux écoles. Et ils étaient notamment attendus dans les prochains jours à Tambacounda au Sénégal, nous apprend Le Soleil . Là-bas, écrit le journal, « c’est la compassion, la consternation et la tristesse au sein de la communauté scolaire. (…) La nouvelle de l’enlèvement est tombée comme un couperet, affirme Le Soleil. (…) Car le partenariat établi avec les humanitaires espagnols était particulièrement fécond. (…) C’est pourquoi, conclut le quotidien sénégalais, d’intenses prières sont dites à Tambacounda pour leur libération. »

Actions concertées ?

Inquiétude et désarroi également dans le Nord Mali, avec l’enlèvement de ce Français, Pierre Camatte, jeudi dernier, dans la région de Gao. « En fait, relève Le Républicain, les populations avaient repris espoir que la paix allait s’installer au nord », avec l’apaisement ces derniers mois de la rébellion touareg. « Malheureusement, cet espoir a été de courte durée », s’exclame le journal qui affirme que « les services de sécurité français avaient prévu une nouvelle aggravation de la menace terroriste dans la région. » Le quotidien malien met dans le même sac également la récente affaire de l’avion de la drogue… « Tout cela, écrit-il, finit par corroborer la thèse de manœuvres concertées des réseaux de toutes obédiences qui grouillent dans l’espace sahélo-saharien. »

Ou groupes terroristes éclatés ?

Le quotidien Le Pays  au Burkina affirme à contrario qu’il ne faut pas tout mélanger : «Mali, Niger, Tchad, Soudan, Centrafrique et tout dernièrement, la Mauritanie. Les otages enlevés ont tous une caractéristique commune, écrit le journal : Français, Espagnols, Britanniques, ils sont tous Européens. Le modus operandi des kidnappeurs demeure sensiblement le même, mais les revendications varient. Preuve, affirme Le Pays, que les auteurs de ces rapts ne sont pas tous d’une même obédience. »
En tout cas, pour le quotidien burkinabé, « ces terroristes se trompent de cible. (…) A supposer que la cause de ces +combattants+ soit vraiment l’affranchissement du continent africain des serres de quelque puissance +néo-coloniale+, la sagesse commanderait qu’ils s’en prennent d’abord aux dirigeants de leurs pays, qu’ils leur réclament bonne gouvernance et saine démocratie pour leur peuple. (…) S’en prendre à la vie de ces humanitaires européens qui viennent soulager la misère des nécessiteux dans les villes et villages africains est tout simplement odieux, intolérable et inhumain », s’exclame Le Pays.

Al-Qaida au Maghreb islamique sur le déclin ?

En France, Le Figaro constate qu’Al-Qaida au Maghreb islamique détient quatre Européens en otage : les trois Espagnols et le Français. Mais, « aussi inquiétantes soient-elles, relève le journal, ces nouvelles prises d’otage ne doivent pas faire illusion. Al-Qaida est une organisation aux abois », affirme Le Figaro. Elle a échoué en Algérie. Et son succès au Sahel, « semble précaire. Sous l’égide des Etats-Unis et de certains pays européens, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Tchad, constate le journal, ont commencé à coopérer et à se former dans la lutte antiterroriste ». Et selon Le Figaro, « ces efforts commencent à porter leurs fruits. »

« La démocratie hypothéquée »

Le Potentiel , au Congo Démocratique, revient sur la réélection dimanche du président Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale. « La démocratie hypothéquée » titre le journal qui relève qu’Obiang Nguema, « au pouvoir depuis 1979, a obtenu 95,1% des voix. (…) Une victoire qui rappelle l’ancienne époque des partis uniques, affirme le journal, et qui relance le débat sur l’importance des élections sur le progrès de la démocratie en Afrique. » Pour Le Potentiel, ce scrutin «prouve amplement (…) que les élections en Afrique servent à la consommation extérieure. Ce qui compte, désormais, c’est la capacité d’un dirigeant, comme c’est le cas du président Obiang, de signer des contrats juteux d’exploitation pétrolière avec les puissances occidentales et les sociétés multinationales. »

Descente musclée…

Enfin, sujet plus léger… Le site d’information GabonEco s’interroge après la descente de police plutôt musclée qui a eu lieu le week-end dernier dans différentes discothèques de Libreville. « De nombreux night-clubs ont été pris d’assaut par des hommes armés qui seraient de la police, écrit le journal. Tout le monde a cru à une prise d’otage ou à la recherche spectaculaire d’un grand bandit. » En fait, précise GabonEco, c’est « la Brigade des mœurs qui a ouvert une chasse au moins de 18 ans dans le monde de la nuit à Libreville. » Et le site internet gabonais de remarquer « qu’il est certainement pertinent d’encadrer la jeunesse et de la sortir du dévergondage dans lequel elle s’enferre depuis quelques décennies. » Toutefois, s’interroge GabonEco, « cette mesure résistera-t-elle aux pressions populaires et commerciales ? Notamment à la pression du lobby corse du Gabon qui brasse beaucoup d’argent avec ses nombreux night-clubs. »

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