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Chronique des matières premières

La fripe ballottée par la crise

Audio 02:14

Sur le marché de la fripe, la crise a eu des effets contradictoire, l’offre a baissé tandis que la demande est dynamique constatent les chiffonniers.Crise oblige, il est devenu tendance d’acheter du vieux pour s’habiller comme neuf. Les fashionistas raffolent du vintage et les moins argentés trouvent ici un moyen de se vêtir à peu de frais. Mais ces achats ne représentent que l'écume de la demande. La vague de fond qui affaiblit les recycleurs de textile, c’est la baisse de l’offre. Les Français achetant moins, ils se débarrassent moins volontiers de leurs vieilles nippes, la collecte a donc baissé en volume. Le pire est à venir : car les vêtements portés plus longtemps et récupérés ultérieurement seront moins présentables et donc plus difficiles à commercialiser. La dégradation de l’offre est un souci grandissant chez les chiffonniers en proie à la crise depuis six ans. 80% des sociétés françaises spécialisées dans le tri ont mis la clé sous la porte depuis 2003.En Afrique de l’ouest, le principal débouché de la fripe avec l’Amérique latine, les recycleurs textile ont succombé à la concurrence des exportations américaines dopées par la faiblesse du dollar. Par ailleurs la confection chinoise leur a momentanément taillé des croupières. Toutefois, cette demande des pays les plus pauvres n’est pas prête de s’éteindre. En Afrique subsaharienne une personne sur 10 seulement a les moyens d’acheter du neuf. Quels que soient les aléas de l’économie, la demande croît au rythme de la croissance de la population. La récession n’a fait que renforcer le dynamisme de la demande. Et les clients avisés du continent africain sont revenus aujourd’hui vers ces vêtements d’occasion souvent plus solides que les t-shirt neufs made in china.La baisse de la qualité des vêtements usagés engendrée par l’essor de la confection asiatique est un phénomène bien plus lourd de conséquence pour ce marché que la crise actuelle. Les habits prêts à entamer une seconde vie, qui constitue la part la plus rentable du recyclage textile, représentaient 70% des vêtements collectés. Ce chiffre est tombé à 40%. Les chiffonniers, qui se considèrent maintenant comme des industriels du recyclage, des transformateurs de matières premières, ont obtenu une contre partie de l’industrie du neuf. Pour chaque tonne triée, ils perçoivent une contribution de 69 euros. Cette mesure mise en place en mars dernier a dopé leur volume d'activité.

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