Revue de presse Afrique

A la Une : un épisode décisif dans le feuilleton ivoirien ?

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Les principaux acteurs de la crise politique ivoirienne se retrouvent à Ouagadougou à l’occasion de la 6ème réunion du CPC, le Cadre permanent de concertation. Et tout le monde ou presque se pose une seule et même question : est-ce qu’une date pour la présidentielle va être fixée ? C’est le souhait de l’opposition. La majorité présidentielle, elle, ne veut rien précipiter.

« Ouattara et Bédié vont-ils jouer les trouble-fête à Ouagadougou ? »

Le quotidien Le Temps, plutôt proche du pouvoir, analyse ainsi la situation : « on sait, écrit-il, que la date de la présidentielle du 29 novembre dernier n’a pu se tenir. » Et pour cause : « les 8.000 gendarmes et policiers qui doivent sécuriser le scrutin ne sont pas encore déployés et encore moins équipés. La liste électorale provisoire est infestée d’intrus et d’incorrections. L’unicité des caisses de l’Etat se trouve au stade expérimental. Mais voilà, s’exclame Le Temps, que le RHDP (l’opposition) tablerait sur une date pour la présidentielle, une date qu’il entendrait proposer et peut-être arracher au CPC. » Et Le Temps de se demander si « Ouattara et Bédié ne vont pas jouer les trouble-fête à Ouagadougou ? »

Pour Notre Voie , autre quotidien proche du pouvoir, « les débats risquent d’être âpres. Mais au bout du compte, on est au moins sûr qu’un consensus se dégagera pour que l’élection se tienne le plus tôt possible. »

Gbagbo pas pressé ?

La presse d’opposition n’a pas la même analyse. Ainsi pour Le Nouveau Réveil , «Gbagbo manifestement n’est plus très pressé d’aller aux élections, il ne veut même pas entendre parler d’une nouvelle date. Pour lui, il suffit juste d’évaluer la masse de travail à faire et revenir à Abidjan pour faire ce travail. Quel que soit le temps que cela prendra. (…) Or, poursuit le journal, tous les Ivoiriens attendent une nouvelle date. »

Et oui, renchérit Le Patriote , « personne ne comprendrait ­- et donc n’accepterait – que ce énième rendez-vous soit une autre porte ouverte à d’autres supputations sur l’échéance maintes fois repoussée. (…) Il est temps pour le facilitateur Blaise Compaoré, poursuit le journal, d’exercer une pression conséquente sur son homologue ivoirien pour que celui-ci lâche du lest. (…) L’heure de la vérité a sonné, s’exclame Le Patriote. Le président burkinabé doit sauver sa médiation et préserver sa crédibilité. »

Que Blaise s’engage !

De son côté, la presse burkinabé est sur la même ligne : « Espérons bien que Blaise Compaoré ne se contentera pas de caresser ses hôtes dans le sens du poil, affirme L’Observateur , mais qu’il leur dira, droit dans les yeux, que désormais l’heure n’est plus aux tergiversations. Il faut, ici et maintenant, choisir une date définitive pour cette interminable présidentielle. Trop de reports, basta ! », s’exclame le quotidien burkinabé.

Pour sa part, Le Pays  affirme que si « la situation traîne en longueur, c’est parce qu’elle profite au camp présidentiel. (…) A ce jour, rappelle le journal, Laurent Gbagbo a eu quatre années de bonus comme président de la République. En 2010, plus exactement au mois d’octobre, il aura eu un mandat entier cadeau. » Et Le Pays d’affirmer que la présidentielle ivoirienne pourrait en fait avoir lieu à ce moment-là, en octobre donc de l’année prochaine.

Un lien entre al-Qaida et la cocaïne ?

Au Mali, une grande enquête sur le «Boeing de la drogue» à lire dans Le Républicain. Le quotidien malien reprend et complète tout le déroulement des faits depuis la découverte le 2 novembre dernier de l’avion incendié, près de Tarkint dans la région de Gao. En fait, Le Républicain pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses : quelle est la date précise de l’arrivée de l’avion ? L’endroit où il a atterri a-t-il été balisé ? Et par qui ? Où est passé l’équipage ? En plus de la drogue, l’appareil contenait-il des armes ? Et au-delà, s’interroge encore Le Républicain, « y-a-t-il une connexion entre le narcotrafic et le salafisme ? Al-Qaïda et la cocaïne : peut-on faire un lien entre ces deux menaces ? »

Le quotidien malien se pose des questions également sur l’attitude des autorités de Bamako, longtemps silencieuses sur cette affaire : « indiscutablement, écrit-il, le pouvoir malien a un problème à s’approprier la communication de crise. »

Copenhague : vers un dialogue de sourds…

Le quotidien L’Observateur au Congo Démocratique s’intéresse déjà au sommet de Copenhague qui s’ouvre lundi. L’Observateur qui espère bien que les pays du continent pourront faire entendre leur voix à propos du changement climatique. « Dans la perspective de ce sommet, précise L’Observateur, les Africains de l’Est comme ceux de l’Afrique australe se sont réunis pour adopter une position commune : à savoir l’adoption de nouvelles technologies peu polluantes, l’utilisation d’une agriculture moins consommatrice d’eau, ou encore la préservation de la biodiversité des forêts tropicales, dont celles du Congo. »

Mais, toutes ces mesures doivent être financées, poursuit le quotidien congolais. Et force est de constater que les pays pollueurs, les pays riches, « ne sont pas prêts à aller au-delà des objectifs qu’ils se sont assignés. »

Pour L’Observateur, le sommet de Copenhague « risque de se transformer en un forum où les pays développés et les pays émergents seront face à face. Chacun défendant bec et ongles ses positions. A cette allure, conclut-il, il y a beaucoup de chances de voir les attentes des uns et des autres déçues à l’issue du sommet. Et Copenhague accoucher d’une souris. »

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