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Chronique des matières premières

Marché du carbone : avantage Europe

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Pour endiguer le réchauffement de la planète, il va falloir sérieusement diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. C’est l’enjeu du sommet de Copenhague qui s’ouvre aujourd’hui. Pour y parvenir, un marché existe déjà, c’est le marché du carbone, promis à un grand avenir.

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Pour le moment, il n’y a qu’une seule place où l’on cote le carbone, ou pour être plus précis, où l’on cote le droit à émettre du CO2. Et c’est à Paris où a été lancée en 2005 Bluenext, la première bourse du CO2 destinée aux opérateurs européens. C’est-à-dire environ 3 000 sociétés soumises à des impératifs d’émissions. Quand une entreprise a épuisé les quotas qui lui sont alloués, ou quand elle en a en trop, elle les échange sur ce marché. Evidemment, plus le temps passe, plus le montant des quotas distribués va diminuer, un industriel a donc tout intérêt à investir dans la réduction des émissions de carbone plutôt que de payer un droit à polluer à un prix aléatoire puisqu’il est défini quotidiennement par le marché. Ce marché est un vrai succès, le volume des échanges a quadruplé en trois ans. Il fait d’ailleurs des émules dans le monde entier. La Nouvelle-Zélande lancera sa plateforme l’année prochaine, l’Australie doit s’y mettre en 2011, puis ce sera au tour de la Corée et de Taiwan. Les Etats-Unis bien sûr ont un projet dans les tuyaux. Quel que soit le résultat du sommet de Copenhague, la finance carbone est amenée à se développer à grande allure dans les dix prochaines années. Reste à assoir sa légitimité dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pour l’instant, seulement 5% des émissions mondiales sont couvertes par les transactions passées sur Bluenext, mais cette proportion va automatiquement augmenter avec la création de nouvelles places d'échange. Et surtout reste à améliorer le dispositif actuel, qui a encore beaucoup de failles. La définition même du produit échangé est complexe: le droit d’émettre une tonne de carbone est encore un objet commercial hybride, à cheval entre la matière première virtuelle et le produit financier. Il faut donc s’entendre sur les mots et surtout mieux surveiller, mieux réguler ces marchés pour éviter les fraudes ou des manipulations de marchés sans grand rapport avec le climat. Sur tous ces sujets, la France souhaite se faire entendre. Un comité associant industriels, pouvoirs publics et acteurs financiers a été mis en place la semaine dernière pour promouvoir l’expertise et les solutions françaises en la matière.

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