Accéder au contenu principal
Revue de presse française

A la Une : la tribune publiée mardi par Nicolas Sarkozy dans Le Monde.

Audio 04:35

Publicité

La tribune publiée mardi 8 décelmbre par Nicolas Sarkozy dans Le Monde.

Une tribune en réaction à l’affaire des minarets en Suisse et qui ensuite s’étend à la situation en France : le chef de l’Etat défend le « métissage » de l’identité nationale mais demande aux musulmans de France « de ne pas heurter ceux qui accueillent. »
Alors, pourquoi cette tribune ? Quel en est le message ? Est-il rassembleur ? Diviseur ? Et comment se situe-t-il par rapport au débat sur l’identité nationale ? Les commentateurs font feu de tout bois.

Le métissage plutôt que le communautarisme

Pour Le Figaro, c’est clair. « Sarkozy rappelle aux musulmans de France leurs droits et leurs devoirs », titre le journal. « Le président de la République préfère le métissage au communautarisme », affirme Le Figaro. « Tendre la main aux musulmans, leur offrir des lieux de culte, mais rappeler ce que sont les racines du pays, c’est tenir les deux bouts de la chaîne, commente le journal. Il ne s’agit pas de stigmatiser, il s’agit de dessiner un avenir commun dans un monde où tout change. (…) Il s’agit simplement de savoir qui nous sommes et comment nous vivons ensemble. »
Le Télégramme est sur la même ligne que Le Figaro : « Nicolas Sarkozy recadre le débat, écrit-il. Il rappelle les initiatives prises lorsqu’il était ministre de l’Intérieur en faveur du Conseil français du culte musulman. (…) Et il estime que c’est précisément l’identité nationale qui éloigne la tentation communautariste du repli sur soi. »
L’Union paraphrase presque le chef de l’Etat : « Si ceux qui arrivent méritent le respect, écrit-il, ceux qui les accueillent ont le droit aux mêmes égards et c’est sur cette base, poursuit le quotidien champenois, qu’on construit le vivre ensemble fort d’une langue commune, d’un drapeau partagé, de valeurs collectives garanties, de droits qui ne vont pas sans devoirs. »
Voilà pour les commentaires plutôt favorables aux propos de Nicolas Sarkozy. D’autres, et ils sont une majorité, sont beaucoup plus critiques.

« Ceux qui arrivent… »

En premier lieu, Libération, qui s’interroge sur cette expression utilisée par Nicolas Sarkozy, et qui est reprise par le quotidien L’Union, on vient de le voir : « Ceux qui arrivent ». Pour Libération, cette expression désigne manifestement les musulmans. « Etrange expression, s’exclame Libération, si contraire à la vérité historique. Les musulmans font partie de la société française depuis très longtemps. Ils ont une mosquée à Paris depuis les années 20. L’armée française d’Italie pendant la guerre aurait été bien faible sans eux. La croissance des années 60 leur doit beaucoup. Et pourtant, dit le président, « ils arrivent », alors qu’ils sont si nombreux à être nés en France », constate Libération.
Et pour La République du Centre, c’est bien là que le bât blesse : « Dans cette réflexion élyséenne », écrit-il, « il y a le risque d’une confusion entre identité nationale et immigration encourageant les positions extrémistes et les dérives. Il faut malheureusement en convenir, poursuit La République du Centre, c’est plutôt un débat de division nationale qu’a ouvert Nicolas Sarkozy. »
Le Républicain Lorrain ne mâche pas ses mots : « En matière de populisme, on ne fait pas mieux. (…) C’est d’autant plus minable que le brouet mêlant identité, islam et immigration ne cesse d’être épicé par le chef de l’Etat. »

Un dérivatif ?

D’autres commentateurs s’interrogent sur l’opportunité de cette question de l’identité nationale. Ainsi pour Sud-Ouest, « ce débat, jugé déplacé par les oppositions, et inutile par trois anciens Premiers ministres de Jacques Chirac, est arrivé comme un cheveu sur la soupe, dans un pays qui ne demandait rien, sinon justement de quoi faire bouillir la marmite. En lui offrant ce dérivatif, dans l’espoir de diviser la gauche et d’enrayer une remontée du Front National, poursuit Sud-Ouest, Nicolas Sarkozy pourrait arriver à l’effet contraire. »
Le Dauphiné Libéré renchérit : « Il n’est jamais inutile d’en appeler au respect de chacun et de mettre les points sur les i des minarets ou des églises. Mais reste tout de même ce sentiment d’une volonté, propagée en plus haut lieu, et consistant à auto-alimenter une polémique globalement artificielle. Car, enfin quoi, s’énerve Le Dauphiné, nous ne sommes pas menacés par un choc de civilisations, à ce qu’on sache. Nous sommes juste à trois mois des élections régionales. Faut pas confondre la burqa et le rideau de l’isoloir. »
Enfin, La Montagne se demande s’il faut en faire tout un plat : « Le chef de l’Etat (…) oublie dans son rétropédalage, écrit le journal, que 80% des Français ne se revendiquent d’aucune croyance et que ces débats du temps de Gambetta ont été tranchés par l’avènement de la République. (…) Pour avoir décrété que notre identité était malade, Nicolas Sarkozy, conclut La Montagne, s’est lui-même contraint à rédiger l’ordonnance de fermeture d’un débat à peine ouvert. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.