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Chronique des matières premières

Toujours plus cher, le cacao est-il toujours plus rare ?

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Le marché du cacao termine l’année en pleine forme. A Londres comme à New York, les cours ont atteint leur plus haut niveau depuis 25 ans. Sur le marché des produits tropicaux, le père Noël passe cette année avec quelques jours d’avance, du moins pour ceux qui commercialisent la précieuse fève. Le cacao vaut en ce moment 2 270 livres la tonne sur le marché londonien, soit 2 500 euros. Son cours renoue avec un sommet datant de 1984.

C’est une bonne nouvelle pour les planteurs ivoiriens puisque les prix bord champ grimpent en flèche. Le kilo vaut en ce moment plus de 1 000 F CFA dans plusieurs zones de production de Côte d’Ivoire. Il reste à savoir si ces cadeaux sont durables. Sur ce sujet, négociants et industriels divergent. Les premiers, du moins une partie d’entre eux, sont haussiers. Le britannique Armajaro pronostique la tonne à 5 000 dollars dans les prochains mois si l’Harmattan venait à souffler trop fort, réduisant ainsi l'ampleur de la petite récolte.

La question sous-jacente étant toujours la même : quel sera le volume produit en Côte d'Ivoire ? Plus de la moitié des fèves sont déjà descendus dans les ports. Si les exportateurs s’arrachent le cacao restant à des prix historiquement élevés, c’est bien qu’il n’y a plus grand-chose sur les arbres, le déficit est inévitable. Mais pour les plus mesurés, et notamment pour l'industrie allemande du chocolat, les plus grands consommateurs européens de cacao, l’autre moitié de la récolte arrivera comme prévue dans les prochains mois, il n’y a donc pas lieu de s’alarmer sur le niveau de l’offre. La faiblesse de la récolte ivoirienne est structurelle, elle a déjà été prise en compte par le marché.

Le débat sur un probable déficit semble d’autant plus surréaliste que l’autre composante du marché, la demande, est littéralement passée sous silence. Or, elle est chancelante. Les multinationales continuent à se couvrir en fève mais les industriels n’achètent plus de produits semis finis. Les ventes de beurre de cacao sont au point mort. En Russie, comme en Asie, les usines tournent bien en-dessous de leurs capacités de production. Une fois que les investisseurs auront pris leurs bénéfices à Londres et à New York, l'euphorie pourrait très vite retomber. Les lendemains de fête pourraient avoir un goût amer sur le marché du cacao.

 

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