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Chronique des matières premières

La guerre de la banane enfin terminée

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Ce conflit qui envenime les relations commerciales entre l’Union Européenne et plusieurs Etats américains a pris fin hier avec un accord historique signé à Genève par les principaux protagonistes.

 Les « victimes » du régime préférentiel mis en place par l’Europe pour protéger la banane ultra marine et ACP peuvent aujourd’hui crier victoire. Après quinze ans de bataille juridique acharnée menée devant l’Organisation Mondiale du Commerce, les producteurs latino américains ont enfin obtenu un accès élargi au marché européen. 

L’Union Européenne s’est engagé à diminuer le droit de douane prélevé sur la banane américaine. Il passera progressivement de 176 euros par tonne à 114 euros à l’horizon 2017. Pour solder une bonne fois pour toute les comptes de cette guerre commerciale, les plaignants renoncent en contre partie à leur droit de poursuite. Le texte sera soumis aux instances européennes concernées, puis renvoyé devant l’OMC qui doit ensuite le certifier pour qu’il puisse entrer en vigueur. Cela prendra plusieurs mois. Mais de fait il sera appliqué presqu’immédiatement puisque la Commission, bonne fille, a accepté de rembourser la différence entre le droit actuel et celui qui sera perçu dans le cadre de cet accord.

Cette largesse est connue sur le marché de la banane et déjà prise en compte par les opérateurs. La grande distribution demande à ses fournisseurs d’en tenir compte pour leurs offres 2010. Sept bananes sur dix consommées dans l’Union à 27 proviennent de la zone dollar. Cette part pourrait rapidement augmenter dans les prochaines semaines. Car après avoir souffert des cyclones et des intempéries, les principaux producteurs américains, Equateur en tête, ont retrouvé leur potentiel de production. En quantité comme en prix, les bananes latinos vont rapidement déferler sur le marché européen. C’est donc la double peine pour leurs concurrents jusqu’alors protégés par des quotas et des aides diverses. Et ce n’est pas les 200 millions d’euros promis aux pays ACP en guise de compensation qui vont changer la donne.
Les plus concernés, Cameroun et Côte d’Ivoire, doivent maintenant partir à la conquête de nouveaux marchés pour éviter de disparaître du marché de la banane, sacrifiés sur l’autel de l’OMC.

 

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