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Chronique des matières premières

Le charbon au beau fixe

Audio 01:59

Tous les projecteurs sont tournés vers Copenhague aujourd’hui 18 décembre. Le suspense demeure : les Etats parviendront-ils à élaborer une politique commune de lutte contre le réchauffement climatique ? Sur le marché du charbon, cette question paraît secondaire.

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Pour la Chine, le principal pays consommateur de charbon, ce 18 décembre 2009, c’est d’abord le jour où démarre une nouvelle bourse cotant la houille, car quel que soit le résultat de Copenhague, la Chine continuera à se développer grâce à la houille. Sur cette nouvelle bourse des matières premières basée dans la cité industrielle de Tianjin sont cotés à partir d’aujourd’hui le charbon à coke pour la sidérurgie et le charbon thermique qui alimente les centrales électriques. Cet événement nous rappelle opportunément que les Chinois, même s’ils investissent massivement dans l’industrie verte, sont encore très loin de renoncer à la source d’énergie de loin la plus menaçante pour le réchauffement climatique : la combustion du charbon. La houille, momentanément éclipsée par le pétrole au XXe siècle, opère son grand retour. Il est plus rassurant de recourir à cette ressource abondante et bien répartie sur la surface du globe plutôt qu’à l’or noir dont les cours et l’offre sont de plus en plus aléatoires. En ce moment, l’arrivée précoce de l’hiver en Chine fait grimper la consommation et les prix du charbon thermique. Mais, au-delà de ce phénomène conjoncturel, le marché du charbon est dans une phase de hausse structurelle. La Chine, devenue importatrice nette cette année va continuer sur cette pente pour faire tourner les centrales électriques fonctionnant à 80% au charbon. En Indonésie, le premier pays exportateur de charbon thermique, la compagnie Adaro, le deuxième producteur du pays, prévoit de doubler sa production dans les cinq prochaines années. Cet appétit pour le charbon n’est pas une spécificité asiatique. La consommation américaine, altérée par la crise, repart. Enfin plus près de nous, le charbon est aussi un business florissant. Alstom vient de vendre une centrale au charbon à la Slovénie. L’ancienne république yougoslave y gagne en indépendance énergétique et protège par ailleurs les emplois dans son unique mine à charbon. La logique économique l’emporte encore haut la main sur la logique écologique.

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