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Chronique de Jean-Baptiste Placca

Supplique pour un leadership éclairé dans le sport

Audio 02:44

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Vous ne connaissez peut-être pas Daouda Senga NDiaye, et c’est une petite lacune. Ce jeune Sénégalais, vainqueur d’un tournoi de la Prize Money de la Confédération africaine de tennis, est de ces tennismen qui s’endetteraient pour participer à une compétition. A la suite de sa victoire, il a eu droit à sa petite minute de gloire, dans le journal des sports de RFI.

Une minute ! Largement suffisant pour poser un diagnostic sans complaisance sur le tennis africain, esquisser quelques pistes pour valoriser les talents et affirmer ses «certitudes d’espérance».

Sur la situation actuelle du tennis continental, Daouda Senga NDiaye déclare qu’elle est plutôt sombre. «Manque d’infrastructures, pas d’aide pour le tennis de haut niveau… Pour des gens comme moi, qui veulent participer aux grandes compétitions, il faut… se démerder, dit-il, pour trouver de petits fonds pour pouvoir aller jouer les tournois».

« Il faudrait, suggère-t-il, vraiment mettre les gens qui connaissent le sport là-haut, à la tête, afin qu’ils puissent faire quelque chose pour le tennis africain, qui a au moins dix ans de retard par rapport au reste du circuit mondial». La suite relève à la fois du verdict sans appel et de la supplique. «Il faut que les présidents des fédérations nationales acceptent de reconnaître qu’ils ne savent pas, et cèdent la place à des gens plus compétents, capables de mobiliser les moyens à mettre à la disposition des joueurs, du pays».

Demandez-lui s’il y a tout de même quelques talents sur le continent, et la voix de Daouda Senga NDiaye amorce une variation d’intensité, où l’émotion le dispute à l’emphase : « Des talents, il y en a trop, en Afrique ! J’en vois tous les jours, et j’en entraîne même. De vrais talents ! Le tennis est un sport très technique. Il faut donc prendre les jeunes très tôt, avec de très bons entraîneurs, et ensuite mobiliser les moyens pour leur permettre de devenir des champions».

Ce que dit le jeune Daouda à propos du tennis, on pourrait le reprendre, mot pour mot, pour bien d’autres disciplines sportives. Le golf, par exemple.
Oublions ces présidents qui mettent prioritairement les rares moyens à la disposition de leur fédération au service de leur propre progéniture, avec la vanité d’en faire des «Roger Federer » ou des « Tiger Woods ». A la tête d’une fédération sportive, ce n’est pas avec une telle mentalité que l’on réussit des œuvres impérissables.

Et comme on le chantait jadis dans l’Empire du Wassoulou, «si tu ne sais pas et ne peux vraiment pas être impartial, cède le trône aux hommes justes et valeureux !»

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