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Chronique des matières premières

Spéculation et régulation aux Etats-Unis

Audio 02:01

Les investisseurs jouent un rôle de plus en plus important sur les marchés de matières premières, et cela malgré le retour d’une réglementation accrue mise en place aux Etats-Unis.

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La lutte contre la spéculation est redevenue une priorité à Washington depuis l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche. Le contexte s'y prête. La crise bancaire a démontré à quel point l’encadrement de la sphère financière faisait défaut. La CFTC, le gendarme américain des marchés à terme, a réussi cette année à imposer de nouvelles règles du jeu pour éviter que les investisseurs - souvent assimilés à des spéculateurs, avec toute la charge négative contenue dans ce vocable de la langue française - n'abusent de leurs positions. Cela ne les a pas découragés.

D’après un sondage réalisé par la Barclays, on atteindra cette année un nouveau montant record de capitaux déversés sur les marchés de matières premières. Plus de 60 milliards de dollars auraient été investis. Une démarche logique : comme les cours étaient au plus bas en début d’année, les opérateurs au profil financier ont parié sur la hausse. Ne l’ont-ils pas suralimentée en plaçant des masses critiques d’argent sur ces marchés relativement étroit ? C'est ce que redoutent les industriels et les négociants effarés par l'emballement et la volatilité des cours.

La formation de nouvelles bulles est à craindre. Avec des dégâts collatéraux pour les acteurs les plus faibles quand les bulles éclatent. Plusieurs maisons de négoce du coton en ont fait les frais. Une autre dérive liée à la présence des investisseurs menace aujourd'hui le bon fonctionnement des marchés à terme. Les opérateurs non commerciaux, aujourd'hui dans le collimateur de la CFTC, sont tentés de revenir sous un nouveau visage. Celui d'opérateurs du marché physique capables de stocker au besoin ce qu'il a acheté à terme. C'est devenu banal sur le marché du pétrole ou sur celui de l’or. Pourquoi pas demain le même scénario pour le cuivre ou les céréales ?

Si une part substantielle de la marchandise venait à être retirée du marché par ces acteurs déconnectés du cycle réel des matières premières, l’industrie serait étranglée, par des prix stratosphériques et, pire encore, par le défaut de matières premières. C’est une nouvelle menace qui plane sur les marchés de matières premières.

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