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Revue de presse française

A la Une : les manifestations en Iran

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« La révolte gronde en Iran » : c’est la Une du Parisien avec cette photo choc d’un manifestant, le visage en sang, soutenu par ses camarades : en arrière-plan, des voitures incendiées.

Des flammes et de la fumée également en première page du Figaro, avec ce cliché d’un manifestant qui s’apprête, semble-t-il, à lancer un projectile en direction des forces de l’ordre. « La police d’Ahmadinejad tire sur les opposants iraniens », titre le journal qui précise que « les tirs auraient fait au moins quatre morts, dont le neveu du chef de l’opposition, Mir Hossein Moussavi. »

Pour Le Figaro, « la contestation iranienne est en train de prendre une ampleur qui menace la survie même du régime des mollahs. Le décès, le 20 décembre, de l’ayatollah réformateur Hossein Ali Montazeri, incarnation du courant religieux progressiste, a donné un second souffle au mouvement de protestation et en a élargi la portée, estime le journal. Il ne s’agit plus de dénoncer tel ou tel dirigeant, mais bien de remettre en cause la légitimité de la République islamique. »

Le Journal de la Haute Marne n’est pas tout à fait d’accord : « l’opposition n’appelle pas à un renversement de l’ordre religieux établi par l’ayatollah Khomeini, écrit-il. Elle plaide essentiellement pour une libéralisation de la révolution iranienne, notamment en matière de mœurs. »

Vers une guerre civile ?

Quels que soient les objectifs, réels ou supposés, de l’opposition iranienne, les commentateurs n’hésitent pas à parler de menace de « guerre civile ». Ainsi pour La Presse de la Manche, « lorsque le goût de la liberté se réveille, l'Histoire, parfois, reprend son cours. Toute la question est de savoir par quels terribles soubresauts devra passer le peuple iranien pour accéder enfin à la maîtrise de son destin. La violence peut déboucher sur une guerre civile ou une répression terrible », affirme le quotidien normand.

« Alors que la menace des sanctions internationales s'accentue sur l'Iran après l'annonce de son deuxième centre d'enrichissement d'uranium, alors qu'Ahmadinejad multiplie les bravades, remarque La République du Centre, c'est un inquiétant compte à rebours qui s'est enclenché. Il faut savoir qu'il pourrait conduire au pire. (…) En conséquence, s’interroge le journal, Ahmadinejad va-t-il durcir sa position dans une hasardeuse fuite en avant ou être amené à composer sous la pression du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, jusque là solidaire ? »

Toujours est-il, qu’une « guerre peut mener à la chute des ayatollahs… ou à la consolidation de leur pouvoir, relève L’Alsace. Isoler les extrémistes de Téhéran sans faire basculer le monde dans le chaos : la marge de la communauté internationale est étroite », affirme encore le quotidien alsacien.

La penthrite : cet explosif indétectable…

« Terrorisme : la peur à nouveau » : c’est le grand titre de France Soir, avec cette photo un peu floue d’Umar Farouk Abdul Mutallab, ce jeune nigérian qui se réclame d’al-Qaïda et qui a apparemment tenté de faire sauter un avion de ligne américain, samedi.

Le Parisien précise comment cet étudiant « est passé entre les mailles du filet. (…) C’est au Yémen qu’il s’est procuré des explosifs, tout en se faisant expliquer la façon de les utiliser : mélanger la poudre explosive avec un liquide à l’aide d’une seringue. Les 80 grammes de penthrite ont ainsi été cousus dans ses sous-vêtements. Ainsi armé, il s’est rendu au Nigeria le 23 décembre, via l’Ethiopie, puis le Ghana. (…) Ensuite de Lagos à Amsterdam, où il a embarqué pour les Etats-Unis. Aucun aéroport, relève Le Parisien, n’a signalé le moindre problème. »

« La penthrite, de la famille de la nitroglycérine, explique Libération, est impossible à détecter aux rayons X. (…) Cette méthode n’est pas sans rappeler celle utilisée par Richard Reid en 2001, qui avait caché ce même explosif dans le talon de sa chaussure. »

« L'imagination des candidats kamikazes et de leurs commanditaires est sans limite, relève La Charente Libre. (…) Et le profil du terroriste nigérian rappelle une autre certitude. A de rares exceptions près, il n'existe pas de portrait-robot d'un terroriste en puissance. De bonne famille, net et propre sur lui, le kamikaze du Paris-Miami ressemblait à un voyageur ordinaire, juste déterminé à basculer dans la folie meurtrière. »

Qui tire les ficelles ?

« Apparemment, s’inquiètent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, un "cerveau" abusant d’hommes crédules et suicidaires, à transformer en "martyrs", continue à téléguider des opérations de mort. Mais où est-il ce cerveau ? », s’interroge le quotidien alsacien. « Dans la nébuleuse d’al-Qaïda, quelque part entre l’Afghanistan, le Pakistan et le Yémen ? »

En tout cas, attention aux amalgames, préviennent de nombreux éditorialistes. Pour La Montagne, « en France, le gouvernement devra veiller (…) à cette tentation de l’amalgame entre islamisme et terrorisme, et le danger d’une stigmatisation d’une partie de la communauté nationale. »

Enfin, on revient à Libération pour qui « le monde de la liberté, celui de ceux qui se battent contre les dictatures de Téhéran, Moscou ou Pékin, doit résister aux tentations d’utiliser les méthodes des ses ennemis. On se doit d’être vigilants et accepter les contrôles dans les aéroports. Mais, conclut le journal, il ne faut pas céder pour autant à la peur et à la haine. »

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