Revue de presse Afrique

A la Une : spécial élections !

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Avec tout d’abord le scrutin au Soudan qui a démarré hier. Elections présidentielles, régionales et locales… «Il s’agit des premières élections multipartites que le pays organise depuis vingt-quatre ans, remarque Le Potentiel  au Congo démocratique. A première vue, cela soulève un brin d’espoir dans l’opinion. Un espoir d’autant plus attendu qu’après la période de transition qui a permis de mettre en chantier l’autonomie du Sud-Soudan, ce vote est censé donner le signal d’un véritable départ de la démocratisation du pays. Avec à la clé un gouvernement démocratiquement élu chargé de préparer un référendum d’autodétermination qui, l’année prochaine, devrait permettre au Sud de décider s’il fait sécession ou non.

En principe, l’enjeu devrait être de taille, souligne donc Le Potentiel. Mais lorsqu’on jette un coup d’œil sur le décor tel qu’il a été planté par le pouvoir en place au Soudan, il y a très peu de chances, estime le quotidien congolais, que les choses puissent évoluer dans le sens ainsi souhaité. » Essentiellement parce qu’il « est certain, explique-t-il, que l’actuel président sera reconduit. Il joue, comme on dit, sur du velours. Il est réconforté en cela par le boycott décidé par les deux principaux partis politiques de l’opposition. (…) Ecartelés entre espoir et désespoir, conclut Le Potentiel, les Soudanais s’en remettent chacun à son Dieu, tout en sachant qu’il n’y a pas grand-chose à attendre de ces élections multipartites. »

« Entourloupette démocratique »

Analyse similaire pour L’Observateur au Burkina. L’Observateur qui parle «d’entourloupette démocratique. (…) Après onze ans passés à la tête de l’Etat, le président soudanais, le général Omar el-Béchir, est enfin prêt à mettre en jeu son pouvoir ; une compétition dont l’issue semble connue d’avance, estime le journal. Poursuivi par la Cour pénale internationale pour génocides, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour, nul doute que Béchir se sert du pouvoir comme rempart contre les poursuites dont il est l’objet, affirme L’Observateur. Si fait que ces consultations générales visent, dans le meilleur des cas, à s’attirer la bienveillance de tous ceux qui rêvent de voir l’homme fort de Khartoum dans le box des accusés de la juridiction internationale. Dans le pire des cas, la pseudo-démocratie, dont ces scrutins sont les prémices, vise à donner un soupçon de légitimité à un règne à vie.»

Candidats sur la ligne de départ…

Election présidentielle à venir en Guinée. La commission électorale nationale indépendante a confirmé la date du 27 juin. Et les candidats potentiels fourbissent leurs armes. Ainsi l’opposant historique, Alpha Condé est arrivé hier à Conakry en provenance de Dakar dans une ambiance surchauffée, remarque le site d’information Fasozine : « Fait curieux, remarque-t-il, des jeunes, des femmes et des anciens, jetaient des billets de banque dans la voiture où avait pris place Alpha Condé, comme pour apporter déjà leur contribution à sa campagne électorale. Oui, cette ferveur populaire ne saurait être totalement spontanée, affirme Fasozine. Elle marque en effet la volonté du candidat Alpha Condé et de ses militants d’engager l’offensive, en montrant leur force de frappe. Nul doute que dans les jours à venir, les autres leaders politiques à la conquête du fauteuil, prendront également leurs marques, dans une compétition aux enjeux multiples et qui s’annonce très serrée.»

Interrogé par le site Guinée Conakry Infos , à propos de cette présidentielle, un autre candidat potentiel, François Louceny Fall, estime qu’il faut un préalable au scrutin : « la correction et l’assainissement des listes électorales. (…) Il faut, poursuit-il, que l’on aille à ces élections dans un esprit apaisé. Que les Guinéens puissent choisir l'homme qui soit à même de sortir le pays de la misère. Qui pourra redynamiser l'économie et la propulser au devant de la scène africaine et internationale. Et je demande aux Guinéens, poursuit François Fall, de voter pour un homme qui est capable faire cela, et non parce qu'ils sont de la même ethnie, ou de la même région, ou qu'il distribue de l'argent. Un homme qui a les compétences de sortir la Guinée de sa léthargie. »

D’accord ?

Enfin, en Côte d’Ivoire peut-être un frémissement dans le processus électoral. Avec une rencontre importante hier entre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro au palais présidentiel. « Près de deux heures de huis clos, relève L’Inter, au cours duquel ils se sont employés à aplanir leurs divergences sur des questions cruciales comme le désarmement avant les élections et le toilettage de la liste électorale provisoire. Sont-ils parvenus à accorder leurs violons ? » s’interroge le journal. « On n’en sait pas plus, répond-il, puisqu’au sortir de la rencontre, le Premier ministre est resté évasif, se contentant de propos généraux. » L’Inter se veut malgré tout optimiste : « le happy-end qu’ils ont offert aux cameras laisse penser que les nuages entre les deux hommes sont en voie d’être dissipés. » Bref, on n’en sait pas vraiment plus. Suite au prochain épisode…

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