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Chronique des matières premières

Premières cargaisons d’huile de palme CSPO 100 % durable et traçable en Europe

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Les deux premières cargaisons d'huile de palme 100% certifiées durable ont rejoint le continent européen au cours des dernières semaines. Ce marché de l'huile de palme durable est encore embryonnaire, mais il progresse dans les pays occidentaux, sous la pression des ONG. Au mois de juin dernier, les premières cuves d'huile de palme certifiées 100% durable étaient déchargées à Rotterdam. Et mardi dernier, 3 500 nouvelles tonnes d'huile de palme certifiée rejoignaient le port hollandais.

La pression des ONG environnementales, qui a culminé avec la campagne de Greenpeace contre le groupe agroalimentaire Nestlé, accusé d'encourager la disparition des orangs-outans en Asie du Sud-Est, semble porter ses fruits : la demande en huile de palme durable, dite CSPO (Certified sustainable palm oil), dont les producteurs épargneraient les forêts primaires et leurs habitants, mais aussi respecteraient les droits du travail et les droits de l'homme, est en hausse constante, elle a dépassé l'offre certifiée disponible en mars et en avril dernier, pour la première fois.

Le paradoxe, c'est que cette demande reste majoritairement... virtuelle. Les utilisateurs d'huile de palme, les fabricants de biscuits, ou de cosmétique, peuvent bien acheter sur un site de négoce, Green Palm, des certificats proposés par les producteurs d'huile de palme durable ; ces producteurs bénéficient alors automatiquement d'une prime de 13 euros la tonne. Mais ce système, aussi vertueux qu'il soit pour faire progresser la production d'huile de palme durable de l'Asie du Sud-Est à l'Amérique du Sud, est complètement déconnecté du marché physique : la plupart du temps la cargaison commandée par l'industriel ne fait aucune distinction entre huile de palme durable et l'huile normale. Au mieux, le tank contient un pourcentage précis d'huile certifiée mélangée au reste. Et c'est déjà une étape difficile à atteindre. L'étape ultime, c'est la cargaison 100 % durable, comme celles qui viennent d'entrer en Europe, mais elles sont le fait de très gros opérateurs, les conglomérats malaisiens IOI et Sime Darby, qui contrôlent toute la chaîne, des plantations asiatiques aux raffineries européennes.

Pour le reste, l'huile de palme durable est encore «une filière jeune, difficile à tracer», reconnaît The Forest Trust, une des principales ONG qui accompagne les producteurs dans leur processus de certification. La production d'huile de palme certifiée est encore très atomisée, elle ne représente que 5 % de la production mondiale d'huile de palme. Il faudra fournir encore beaucoup d'efforts pour la faire progresser, souligne un chercheur du CIRAD. Car si la demande de certification progresse dans les pays riches, ce sont les pays émergents, dont les besoins en oléagineux explosent, et qui sont de plus en plus solvables, de l'Asie à l'Europe de l'Est, qui feront le marché, huile de palme durable ou pas.
 

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