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Chronique des matières premières

Les prix du poivre en hausse

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La hausse des prix du poivre s'accélère depuis deux à trois semaines : les stocks sont vides, on attend une production faible encore cette année, alors que la demande continue de progresser, notamment en Inde.

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Le poivre va bientôt devenir le placement favori des investisseurs à la bourse de Bombay. Depuis le mois de mars le prix de cette épice suit une courbe ascendante, et au cours des trois dernières semaines, la courbe se redresse franchement. L'Inde est le deuxième producteur de poivre, mais surtout le premier consommateur mondial, une consommation qui augmente avec le pouvoir d'achat des Indiens. A tel point que ce pays est aujourd'hui importateur net de poivre.

Des entreprises indiennes en quête de cette épice se sont ainsi installées au Vietnam, qui est devenu le plus grand producteur mondial. Ces sociétés importent le poivre vietnamien, de moins bonne qualité mais beaucoup moins cher que le «malabar» indien, elles le transforment souvent directement sur place en huile essentielle utilisée dans l'agro-alimentaire en Inde, ou pour la réexporter.

Mais le moulin mondial de poivre qu'est devenu le Vietnam s'est un peu grippé cette année : la production qui a commencé en mars dernier sera mauvaise, les plantations ayant subi typhons et inondations. Le Vietnam ne pourra exporter que 100 000 tonnes au cours de cette campagne, un tiers de moins que l'an dernier. Or partout ailleurs la production de poivre est en déclin, structurel cette fois. Les plantations, âgées, ne sont pas remplacées, ni en Inde, ni au Brésil, le troisième producteur mondial, ni en Indonésie. Soit par manque d'investissements dans ce qui reste une culture à taille familiale. Soit parce que la main-d’œuvre est devenue trop chère, comme c'est le cas au Kerala indien.

En attendant que le Sri Lanka ne redéveloppe sa production après des années de guerre civile, les stocks de report de la précédente campagne poivrière sont quasiment vides dans la plupart des pays producteurs, alors que les marchés de consommation n'ont pas encore reconstitué les leurs. Ils ont acheté au compte-goutte pendant la crise et doivent maintenant couvrir leurs besoins du second semestre. Ce sera au prix fort, puisque même le lancement de la récolte du poivre en Indonésie, ce mois-ci, n'a pas enrayé la hausse.

La tonne de poivre noir importée en Europe peut atteindre 4 000 dollars, celle de poivre blanc 6 000 dollars, témoigne un négociant d'Anvers. Et ce n'est sans doute pas fini...

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