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Chronique des matières premières

Des négociants et des industriels du cacao se plaignent de la manipulation des cours

Audio 02:19

Dans une pétition signée par des négociants et des industriels européens du chocolat, la bourse de Londres est accusée de laisser certains opérateurs manipuler les cours du cacao.

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On n'avait jamais vu ça sur les contrats rapprochés de cacao. A trois jours de l'échéance, le moment où l'on doit livrer la marchandise en quantité équivalente au montant des contrats, 39 000 lots n'ont toujours pas été débouclés sur le Liffe, la bourse de Londres, c'est-à-dire l'équivalent de 390 000 tonnes de fèves, une quantité démentielle par rapport aux réels besoins du marché physique.

C'est la preuve que la spéculation s'est emparée de ce marché, et qu'elle le manipule, dénoncent les opérateurs traditionnels. Nous ne pouvons plus compter sur le Liffe comme outil de couverture. C'est ce qu'ont écrit 16 négociants et transformateurs de l'industrie du cacao, en Europe, dans une pétition adressée aux responsables de la bourse londonienne, mais aussi aux autorités britanniques de régulation financière. Parmi eux l'Association allemande des industries de la confiserie, mais aussi les suisses Novel Commodities et Noble Ressources ou le français Alltrade.

Selon l'un de ces signataires, un fonds d'investissement aurait acheté d'énormes quantités de contrats de cacao, faussant le jeu et propulsant les cours de juillet à un plus haut de 32 ans en quelques jours. C'est moins le niveau du prix du contrat de juillet qui contrarie les pétitionnaires, que la surcote qu'il a gagné en très peu de temps par rapport au contrat de septembre, un fait très inhabituel puisque normalement plus le contrat est éloigné, plus il vaut cher étant donné les frais de stockage.

Du coup, les négociants et les industriels qui avaient vendu des contrats de juillet pour se couvrir, vont non seulement devoir les racheter à perte mais ils ne pourront pas se rattraper sur la vente des contrats de septembre, qui valent 200 livres sterling de moins. A moins qu'ils ne livrent le peu de cacao dont ils disposent mais les transformateurs qui ont déjà broyé les fèves en poudre et en beurre de cacao, ne peuvent plus le faire.

On comprend l'amertume des pétitionnaires, même si, selon un négociant, ils auraient pu se débarrasser plus tôt de leurs contrats rapprochés et ainsi limiter leurs pertes. Leur missive a reçu une réponse : la bourse londonienne se dit sensible au problème. Elle a promis d'instaurer plus de transparence sur les positions respectives des opérateurs physiques et des spéculateurs, comme à la bourse de New York. En revanche pas question d'imiter les Etats-Unis en limitant le nombre de lots par opérateur.

Les pétitionnaires, qui sont de taille petite ou moyenne, partiront-ils pour autant de l'autre côté de l'Atlantique, rien n'est moins sûr : question de fuseau horaire, de change et de qualité de cacao : c'est à Londres qu'est stocké le cacao ouest-africain qu'ils travaillent, alors que les entrepôts de New York abritent le cacao indonésien ou sud-américain.

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