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Chronique de Jean-Baptiste Placca

Emouvant Tandja !

Audio 02:38

Aurions-nous failli à notre devoir de vigilance, en ayant oublié, volontairement ou inconsciemment, d’attirer l’attention sur une injuste persécution dont serait victime Mamadou Tandja ? L’entourage de l’ex-chef de l’Etat nigérien dénonce une détention arbitraire, sans jugement, et demande à la Cour de justice de la Cedeao de trancher. 

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Il est vrai que depuis sa chute, en février dernier, l’ancien président n’est plus libre de ses mouvements. Il vit dans une villa gardée par des militaires. Une sorte de résidence surveillée, à laquelle personne n’a trouvé à redire, tellement l’opinion était habituée, sous Tandja, justement, à voir violer les lois, les institutions, et même, d’une certaine manière, la liberté et la dignité du peuple nigérien.

La junte s’étant engagée dans une œuvre colossale de restauration de la démocratie, on pouvait admettre, implicitement, qu’elle avait mieux à faire que de juger Mamadou Tandja. Ce qui ne signifie en rien qu’elle manque de chefs d’accusation pour le juger, au contraire !

Le traitement le moins injuste serait de laisser un pouvoir sorti des urnes décider de son sort, et c’est manifestement la solution que semblaient avoir choisie les militaires qui l’ont renversé. Peut-être même que, par solidarité de l’uniforme, ils envisageaient de l’élargir, avant de remettre les clés de la République au président élu.

Mais voilà que son entourage se remet à faire du zèle. Les inconscients ! Peuvent-ils ignorer les risques qu’ils courent, eux et le président déchu, à réclamer une justification judiciaire à sa privation de liberté, donc un procès ? Il faut croire que le plus lucide, c’est le détenu, qui a pris sa plus belle plume pour demander la clémence de la junte. Certes, nous n’y reconnaissons pas « notre » Tandja, si sûr de lui, hermétique à tout appel à la raison. Mais il faut savoir qu’il a reçu la visite du général Saliou Djibo, qui se serait proposé de le mettre à la disposition de la justice. D’où la seconde missive, pour s’opposer à la saisine de la Cour de justice de la Cedeao par ses proches. C’est sa façon, à lui, de dire qu’après tout, il n’est pas si mécontent de son sort.

Cela tombe bien, Monsieur le Président ! Car nous n’avons aucune envie de nous laisser émouvoir jusqu’aux larmes par votre sort, ou celui de vos proches, qui crient à la chasse aux sorcières, lorsqu’on leur demande de rendre des comptes dans le cadre de la « lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale ».

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