Revue de presse française

Le Nouvel observateur reprend le dossier de Florence Cassez

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C’est une affaire franco-mexicaine qui pèse fortement sur les relations entre les deux pays, et sur laquelle le Nouvel Observateur publie cette semaine l’enquête de Florence Aubenas, journaliste connue pour avoir été otage en Irak pendant plusieurs mois en 2005. Et pour plusieurs reportages marquants, dont l’un des derniers en date a été publié sous forme de livre : « Le quai de Ouistreham. » Elle est également présidente de l’Observatoire international des prisons. Son article est intitulé « La prisonnière du Mexique ».

Il s’agit d’une autre Florence, Florence Cassez, piégée dans une histoire de façon insensée et emprisonnée pour 60 ans. Elle est allée la voir, sur place et a d’abord refait l’histoire de son itinéraire pour comprendre comment elle était partie de son Pas-de-Calais pour chercher la réussite à Mexico, « à 28 ans, armée de son seul orgueil, buté et impatient » écrit-elle. Elle y rejoignait son frère, déjà implanté. Comme lui, la seule chose qu’elle souhaitait, c’est une vie réussie socialement, appartement, voiture, « pour démontrer à son père qu’elle pouvait faire comme lui » Le reportage indique ensuite que ses espoirs ont été vite déçus.

On se souvient des conditions dans lesquelles Florence Cassez, accusée de complicité d’enlèvement, a été arrêtée, en direct à la télévision un beau matin alors qu’en réalité c’était la veille.

Le récit du Nouvel Obs montre qu’elle est tombée sinon dans un piège, probable, au moins le plus maladroitement du monde dans un pays dont les habitudes différent sensiblement de ceux de la vieille Europe.

L’opinion publique mexicaine, tourmentée par des années d’enlèvements devenus un business, a pu la prendre pour « une diabolique. »

La justice ? Pour se dédouaner, elle « condamne à la chaîne », « les procès ne servent qu’à avaliser les enquêtes de police. » « Nous ne voulons pas être accusé de laxisme » témoigne un magistrat. Hélas pour la Française, dont la faute suprême semble être d’avoir taclé au téléphone, en direct, de sa prison, l’ancien chef des services spéciaux devenu ministre de l’Intérieur, à la télévision.

Sur le plan politique, Florence Aubenas montre que les relations franco-mexicaines en ont subi le contre coup ; entre Nicolas Sarkozy et le président Felipe Calderon, l’histoire aurait du s’écrire autrement. A l’occasion d’un voyage sur place, une convention de transfèrement devait être signée. Au dernier moment : fiasco. A cause de ce que les journaux mexicains appelleront « l’arrogance française ».

La dernière carte de Florence Cassez, soutenue par ses avocats doit se jouer, cet été, auprès de la Cour suprême mexicaine. Espoir ténu, espoir quand même.

L’affaire Bettencourt, suite

Pour ce qui est de l’enquête, Marianne fait des révélations sur les médecins de la milliardaire. « Tous recrutés par le photographe François-Marie Banier », selon l’hebdo, « un cordon sanitaire » qui lui aurait permis d’écarter tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont fait mine de « mettre en doute la santé mentale de son amie. » Avec à la clef, des honoraires importants.

Mais le cri de Marianne cette semaine, sur le mode ironique, est le suivant :
« Ah ! Si les domestiques n’écoutaient pas aux portes… » Pour rappeler qu’en France par le passé il y a déjà eu des affaires retentissantes qui ont non seulement défrayé la chronique mais sans doute modifié l’histoire de France.

Seul, peut être, au 17ème siècle « Louis XIV avait réussi à verrouiller son entourage » mais c’était le Roi Soleil et nous ne sommes plus au 17ème, alors il faut s’y faire, comme lady Di de son vivant en Grande-Bretagne avait subi « les divulgations de son valet, Paul Burrel ». « Un grand homme n’en est jamais un pour ses domestiques », rappelle Marianne qui raconte qu’aujourd’hui, « grâce au majordome de Liliane Bettencourt, la France curieuse peut lorgner tout son saoul par le trou de la serrure chez les riches. »

Guy Sitbon y voit « une mutation anthropologique » : les valets sont devenus des hommes comme les autres et ils font ce qu’ils veulent. Ils peuvent aussi avoir leurs idées. D’ailleurs « les domestiques de la femme la plus riche de France seraient divisés en deux clans », explique Marianne, il y a « les pro et les anti-Banier. »

François-Marie le photographe qui se veut artiste. Un « dandy vorace » pour Le Point qui s’attache à sa mégalomanie, car « la grosse tête serait le mal du siècle ». « Un révélateur de notre époque. »
 

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