Revue de presse française

Une actualité plutôt dispersée ce matin dans les journaux

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La polémique sur les mesures sécuritaires envisagées par le gouvernement ne fait plus la Une ; mais elle alimente encore bon nombre de commentaires et points de vue de politologues et autres constitutionalistes, nous allons y revenir…

Mais tout d’abord cette question posée à la Une de Libération : « Où est passée la marée noire ? » En effet, constate le journal, « le pétrole rejeté par le puits de BP (dans le golfe du Mexique) a disparu de la surface de l’océan et des côtes américaines. » Alors pourquoi et comment ? Réponse de l’océanographe James Cowan, interrogé par le journal : « avec les dispersants utilisés massivement, 25% seulement du pétrole est remonté à la surface. Là, ses composants légers s’évaporent. Avec le soleil, la température élevée et l’activité des microbes, le pétrole peut être très vite consommé. » Mais, attention, prévient James Cowan, « il reste les boulettes de goudron, parfois minuscules, qui peuvent tomber au fond de l’océan et resurgir des dizaines d’années plus tard en cas de tempête. » Et pour l’océanographe, « il y aura des dégâts en eau profonde. (…) Cela prendra des années, affirme-t-il, pour mesurer l’impact de cette marée noire. »

Oubliée la crise ?

« Les groupes industriels sortent renforcés de la crise » : c’est ce qu’annonce Le Figaro en première page. Le Figaro qui constate que « deux ans après la faillite de Lehman Brothers, les géants de l’industrie affichent de très solides résultats au premier semestre. »
Les Banques se portent bien également… « La bonne santé des banques fait rebondir les marchés », s’exclament Les Echos qui notent que le CAC 40 a retrouvé ses niveaux de début mai.
En revanche, les Français continuent de subir les contrecoups de la crise. « Les Français qui dépensent moins en vacances », affirme Le Figaro-Economie.
Et puis, tout en bas de l’échelle : les SDF, avec ce reportage choc de France Soir sur ces sans-abri qui ont investi les Champs-Elysées à Paris. Ils seraient environ 1.500, d’après le journal, à avoir élu domicile sur les trottoirs de la plus belle avenue du monde. « Ces gueules cassées de la vie, écrit France Soir, ont trouvé là un décor plaisant, et surtout, une meilleure rentabilité. »

Profil bas pour le PS

La polémique sur les options sécuritaires du gouvernement serait-elle en train de retomber comme un soufflé ? Apparemment oui, du moins sur le plan politique. Car après les déclarations ce week-end de Martine Aubry, les socialistes n’ont pas souhaité en rajouter. Pour Le Figaro, « le PS esquive le débat. (…) Rue de Solferino, on a bien vu le piège, explique le journal. Que le PS s’indigne et la majorité dénoncera son laxisme. Qu’il fasse ne serait-ce qu’un pas en direction de Nicolas Sarkozy, et il donnera l’impression de valider les déclarations du chef de l’Etat. »
En effet, complète Libération, « le PS n’entend pas tomber dans le piège de la communication sur la sécurité monté par l’Elysée. » Le PS qui dénonce un « écran de fumée » destiné à masquer « l’échec d’une politique » et « les affaires du mois de juillet », notamment l’affaire Woerth-Bettencourt.
Et c’est bien l’opinion de nombreux commentateurs, à l’instar de La Nouvelle République du Centre Ouest : « l'annonce de possibles déchéances de nationalité contre des délinquants contient, en effet, tous les ingrédients du parfait contre-feu. Une polémique de diversion où les maîtres canonniers de la majorité étaient prêts à faire feu. Car une véritable question reste en suspens, affirme La Nouvelle République. Comment le gouvernement compte-t-il mettre en place une telle mesure ? Surtout depuis que d'anciens ministres et des professeurs de droit constitutionnel ont rappelé qu'un tel principe est contraire à la Constitution. »

Coup d’Etat verbal ?

Pour Le Monde, Nicolas Sarkozy a donc « choisi l'escalade sécuritaire et l'amalgame délinquance-immigration. Pour un président de la République, c'est une faute, estime le journal. Aussi lourde que le poids des mots qu'il utilise. L'article premier de la Constitution pose le principe que la République 'assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d'origine…', rappelle Le Monde. Le chef de l'Etat devrait en être le garant. »
L’Humanité, lui, parle de « coup d'État verbal, puisque ces mesures seraient contraires aux principes républicains, au Code pénal ou au droit international. Nul n'est dupe, estime le quotidien communiste, le président cherche à compenser, en puisant dans l'électorat le plus extrémiste du Front national, la perte de confiance massive des Français. »
En tout cas, comme le constatent Les Echos, cette offensive sécuritaire a « toutes les chances de focaliser l’attention à la rentrée prochaine puisque deux lois doivent être discutées à l’Assemblée et au Sénat, celle sur la sécurité de Brice Hortefeux et celle sur l’immigration d’Eric Besson. »

Mais, faut-il le rappeler, cette rentrée sera avant tout placée sous le signe social avec, dès le 7 septembre, l’examen à l’Assemblée de la réforme des retraites.
 

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