Revue de presse Afrique

A la Une : spécial élection, Kenya, Rwanda et Guinée

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Le Kenya avec un référendum constitutionnel : 12 millions de personnes doivent se prononcer ce mercredi pour dire oui ou non au projet de nouvelle constitution censée démocratiser les institutions, avec une limitation des pouvoirs du président ou encore la création d’un Sénat.

D'importantes mesures de sécurité ont été prises pour éviter une répétition des violences qui avaient suivi l’élection présidentielle il y a deux ans et demie. Et la presse kenyane multiplie les appels au civisme et au calme. « Allez voter selon votre choix, mais, de grâce, faites-le en paix », implore The Standard. Il faut dire qu’outre l’aspect politique, ce référendum comporte des dispositions controversées. Le camp du «Non», les Rouges, emmenés par les églises traditionnelles et Évangélistes ont combattu deux points spécifiques du projet : l’autorisation de l’avortement thérapeutique et le maintien des tribunaux islamiques familiaux. Pour autant, le camp du «Oui», les Verts, est donné favori. Alors certes, reconnait The Standard, l’avortement et les tribunaux islamiques sont des « sujets brûlants », mais il faut être tolérant : « que notre diversité soit le ciment d’une nouvelle détermination après le référendum d’aujourd’hui. Oui ou Non, votons pour la Nation, votons pour le Kenya », s’exclame le journal.

Même appel à l’unité pour l’autre grand quotidien kenyan, le Daily Nation : « les Kenyans vont aux urnes ce mercredi pour un vote crucial qui instaurera un nouvel ordre constitutionnel ou alors un retour à la case départ. Quel que soit le résultat du scrutin, il ne sera pas question de gagnants ou de perdants, mais d’une situation où le Kenya sera lui-même vainqueur. Ce qui est important, poursuit le Daily Nation, ce n’est pas simplement le résultat des urnes, mais le fait que les Kenyans restent unis et déterminés à réformer le pays pour la création d’une nation stable, pacifique et prospère. »

Rwanda : une trentaine de médias suspendus

Au Rwanda, J-5 avant l’élection présidentielle. A la Une du New Times à Kigali, le président sortant, et grand favori du scrutin, Paul Kagamé, les bras levés déjà en signe de victoire devant une foule énorme. « Le meeting de Kagamé à Gicumbi rassemble une foule monumentale de plus de 150.000 personnes », s’exclame le quotidien rwandais.
Rappelons que l'organisation de défense de la liberté de presse Reporters sans frontières a dénoncé mardi la suspension d'une trentaine de médias dans le pays. « Emprisonnement de journalistes, fermeture de médias, assassinat d'un rédacteur en chef il y a un mois, les exactions contre la presse s'intensifient à l'approche du scrutin », déplore RSF. Et de leur côté, les autorités françaises se sont déclarées ce mardi « attachées à la liberté d'expression », et ont dit observer « avec la plus grande attention » la préparation du scrutin présidentiel au Rwanda.

Compaoré à Conakry : quel poids ?

Le processus électoral en Guinée : le médiateur Blaise Compaoré a fait le déplacement hier à Conakry. « Un déplacement de toute urgence, commente le site d’information Guinée Conakry Infos, vu les turbulences que traverse la transition guinéenne. »
Le message du président burkinabé a été clair, rapporte GuinéeNews : « il ne faut pas laisser trop de temps entre les deux tours d’une élection. Car, plus on attend, plus on donne de la place aux suspicions et aux illusions. »

Une opinion relayée par Le Pays au Burkina : « plus les choses traînent, plus les tensions se cristallisent. (…) Quelque chose ne tourne pas rond et c’est à se demander qui a peur du second tour, affirme le journal. Une certaine fébrilité est perceptible, laissant penser que des gens redoutent sérieusement l’issue de ce scrutin. Peut-être cela justifie-t-il ce statu quo ? En tous les cas, remarque Le Pays, il faut craindre que ce face-à-face Diallo/Conté, qui ne trouve pas de dénouement rapide, fasse le lit de tensions ethniques déjà perceptibles. »

Pour le quotidien burkinabé, « la nécessité de remettre les pendules à l’heure dans l’organisation de ce scrutin se fait donc pressante. Certains craignent que la pierre d’achoppement ne réside dans le bouclage du budget pour l’organisation de ce second tour. Si tel est le cas, une solution peut toujours être trouvée, affirme Le Pays. La Guinée est un pays assis sur des richesses énormes, et ce ne sont pas les bailleurs de fonds qui manqueront pour aider à financer une élection. Certaines voix en Guinée demandent à la CENI de se hâter lentement, estimant que la Guinée devrait se prémunir contre une élection bâclée. Mais, conclut le quotidien ouagalais, on ne saurait patauger encore longtemps dans les eaux de l’incertitude et de l’angoisse. »

D’autant, relève L’Observateur, toujours au Burkina, que rien n’est joué entre les deux finalistes. Certes, reconnaît le journal, « la configuration actuelle donne, sur le papier, une victoire certaine à Cellou Dallein Diallo, qui avec ses 44% du premier tour aura à ses côtés le leader de l’Union des forces républicaines, Sidya Touré (13%). Rien qu’en faisant l’addition du score des deux, mathématiquement le match est d’emblée plié. (…) Alors, déjà K.-O., Alpha Condé, l’icône de l’opposition guinéenne ? Absolument pas, répond L’Observateur, car l’arithmétique électorale se joue des sommations et des estimations mécaniques. 1+1 n’est pas forcément égal à 2 en politique. »

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