Revue de presse Afrique

A la Une de la presse africaine: les processus électoraux

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Par François Mazet

Pas moins de 6 scrutins présidentiels doivent être organisés dans les quinze mois qui viennent en Afrique francophone, et preuve de l'importance de ces élections, leur organisation est soumise à de nombreuses polémiques et contestations, notamment en Guinée et en Côte d'ivoire.

Chronologiquement, ce sont les Guinéens qui doivent s'exprimer les premiers le 19 septembre prochain. Le Premier ministre Jean-Marie Doré souhaite réduire le rôle de la Commission électorale nationale indépendante dans l'organisation du scrutin.

La presse locale ne mâche pas ses mots sur Internet :«Jean-Marie Doré est-il tombé sur la tête ?» s'interroge le site Guinée Presse.info «Avec ce projet d’ordonnance, le Premier Ministre s’attribue des compétences qu’il n’a pas (...) Celui qui est sensé respecter et faire respecter la loi, la viole. Jean Marie Doré n'est pas habilité à modifier ni la constitution, ni la loi électorale (..). Si les acteurs guinéens sont incapables d’organiser le second tour, il y a toujours l’option de confier le scrutin à l’ONU. »

Même ton critique chez Guinéenews : «le Premier ministre Jean-Marie Doré agit et décide seul de la vie de la nation (...) Seuls quelques ministres avec lesquels il a des accointances partagent parfois ses secrets (...) Certains ministres disent n’avoir pas été associés dans sa volonté de tripatouiller la nouvelle constitution pour donner l’essentiel de l’organisation du second tour de l’élection présidentielle au ministère de l’Administration du territoire et des Affaires politiques».

Guinée24.com, qui soutient la candidature d'Alpha Condé, prend lui la défense du Premier ministre: « l'organisation du premier tour de la présidentielle du 27 juin dernier a été un véritable fiasco, la CENI a montré ses limites (...) l'implication du gouvernement national était d'une nécessité impérieuse. La paix, l'unité nationale post-électorale sont à ce prix.»

La présidentielle ivoirienne pourra-t-elle avoir lieu le 31 octobre ?

En Côte d'Ivoire, le scrutin a finalement été fixé au 31 octobre prochain, et les partis doivent maintenant trouver leurs candidats.

Le Nouveau Réveil nous apprend que les quatre partis membres du RHDP, le Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et le progrès, se seraient mis d'accord sur un programme de gouvernement. Objectif, selon le quotidien d'opposition, «faire redécoller le pays quel que soit le candidat qui l'emportera».

La mouture du texte n'est pas encore officielle mais le journal se félicite d'ores et déjà que «la moitié du chemin est était faite», car cette mouture «scellera, si elle bénéficie de l'onction de tous, quelque chose de très fort entre les Houphouetistes (...) Car même s'il est admis que chaque parti présentera son candidat, le projet de société à vendre en cas de victoire de Bédié, de Ouattara, de Mabri ou d’Anaky sera le même. Ces quatre candidats du RHDP vont, en clair, se battre pour le même objectif». Affaire à suivre donc.

Pour se battre, il faut déjà qu'il y est combat

Le Pays s'inquiète déjà de la tenue de la présidentielle ivoirienne le 31 octobre : «Soro et sa date tiendront ils le coup ?» s'interroge le quotidien burkinabé.

«Tous les amis de ce pays croisent les doigts pour que cette date soit enfin la bonne... Toutefois, beaucoup d’appréhensions demeurent, tellement certains acteurs politiques sur les bords de la lagune Ebrié nous ont habitués à des promesses sans lendemain (...) les observateurs sont accoutumés, depuis bien longtemps, à une sorte de course d’obstacles servie par les acteurs de cette sortie de crise. Dès qu’il y a une éclaircie vers l’élection présidentielle, de façon presque implacable, des écueils sont dressés à desseins sur le chemin des élections... En ce qui concerne le respect de la date du scrutin prévu pour le 31 octobre prochain, reprend Le Pays, et à la lumière de ce que le passé fournit comme enseignements, comme Saint-Thomas, on attend de voir avant de croire ».

En République démocratique du congo, un scrutin présidentiel est également prévu, en novembre 2011, avec la candidature d'Etienne Tschisekedi.

«Le sphinx de Limete peut-il renaître ?» se demande le journal burkinabé L'observateur Paalga. «Ainsi est l’opposant qui a incarné la résistance à Mobutu et le combat pour la démocratie. Versatile, reversant ! Mais cette prochaine descente dans l’arène n’est-elle pas celle de trop ? En 2006, les conditions semblaient réunies pour qu’il fasse mouche, à tout le moins qu’il s’impose comme un interlocuteur incontournable de Joseph Kabila, le futur vainqueur."»

Retour à la réalité pour les sud-africains

Et puis pour terminer, la grève en Afrique du sud. « Les syndicats défient le gouvernement » titre le journal congolais l'Observateur, «la police a eu recours à des balles à blanc et à des lances d'eau pour disperser des centaines de manifestants devant l'entrée d'un hôpital de Soweto».

Pour l'Observateur Paalga «la trêve du mondial est finie. C’est un ras-le-bol qui commence à gagner le pays, et il paraît que la grogne sociale risque de gagner le secteur privé (...) Il est désormais clair que le gouvernement ne dira pas qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses. On a beaucoup dépensé dans le cadre du mondial 2010. Alors, qu’est-ce qui l’empêcherait d’en faire autant pour les fonctionnaires qui n’arrivent pas à vivre décemment ?»

«Jacob Zuma a du soucis à se faire» reprend le journal, «Va-t-il appeler le président de la FIFA à la rescousse ?» Joseph Blatter contre les fonctionnaires, il y a match.

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