Revue de presse française

A la Une : la polémique sur la sécurité… suite

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Le durcissement sécuritaire du gouvernement, avec notamment la multiplication des expulsions de Roms, continue de susciter bien des réactions indignées, même au sein de la majorité. Hier deux personnalités de droite, Dominique de Villepin et Rachida Dati ont exprimé leur point de vue dans Le Monde, avec des mots très forts. « Il y a aujourd’hui sur notre drapeau national une tache de honte », a déclaré l’ancien Premier ministre. Et puis pour l’ex-Garde des Sceaux, «  cessons d’opposer les Français les uns aux autres. »

Mais ce que retiennent essentiellement les commentateurs ce mardi, c’est la prise de position très claire de l’Eglise catholique. « L’Eglise française emboîte le pas au pape, qui a condamné à mots couverts ce week-end la politique sécuritaire du gouvernement », note Libération qui, du coup, claironne en Une : « Sarkozy se fait sonner les cloches ».
Et pourtant, rappelle La République des Pyrénées, « tout avait si bien commencé entre l’Eglise et Sarkozy avec le fameux discours où le président avait exalté les racines chrétiennes de la France, en prônant une laïcité positive. Patatras ! Voilà que plusieurs prêtres, de base, comme ce curé de Lille, et même des évêques, viennent de prendre position contre le discours sécuritaire du gouvernement (…). Dimanche, c'est le pape lui-même qui avait réagi en s'adressant volontairement aux pèlerins français en langue française. »

« Un rappel à l’ordre chrétien émanant du Vatican n’est jamais un cadeau pour un gouvernement, estime Le Républicain Lorrain. Encore moins lorsqu’il s’agit d’un gouvernement de droite censé trouver ses soutiens les plus fidèles parmi l’électorat catholique. »
Résultat, affirme La Montagne, « dans la primaire à droite qu’il a engagée contre les Le Pen sur le terrain de la sécurité, Nicolas Sarkozy est en train de perdre un des socles de son électorat. (…) L'adresse de Benoît XVI dit bien le choc ressenti par les chrétiens heurtés dans leurs convictions profondes par les rudes évacuations des camps illégaux. »

Le silence de Fillon

Et on revient à Libération pour qui « l’évolution des catholiques français devrait faire réfléchir la droite française. Leur conversion électorale, fréquente, en faveur de la gauche, a fait basculer des régions entières », affirme le journal qui relève que « peut-être plus éloquent que la protestation, le silence de François Fillon, catholique discret mais convaincu, dans le concert répressif de l'été, est le signe le plus net de ce malaise des croyants. »
En effet, remarquent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « François Fillon, lui, a pris bien soin de se tenir à l’écart de ce dossier pourri. (…) L’offensive menée par les deux porte-flingues de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et Christian Estrosi, a dû sembler aussi vulgaire qu’encombrante à ce gaulliste social. »

Et le parti socialiste dans tout cela ? On n’a guère entendu cet été ses responsables qui hésitent apparemment à s’engager sur ce terrain miné de la sécurité. D’autres figures de la gauche sont montées au créneau, comme Lionel Jospin hier dans Le Monde et Ségolène Royal hier aussi dans Le Parisien qui souhaite que le PS « reprenne et approfondisse » ses propositions sur « l’ordre juste ».
Du coup, « Royal relance le débat sur la sécurité à gauche », titre en Une Le Figaro qui estime que la présidente de la région Poitou-Charentes « a effectué une rentrée fracassante en confirmant les divergences internes au Parti socialiste sur ce débat » et en invitant Martine Aubry « à sortir de son silence. » Ce sera chose faite vendredi, à l’occasion de l’université d’été du PS, la première secrétaire évoquera cette question de la sécurité lors de son discours politique sur le bilan du chef de l’Etat.

La responsabilité de Netanyahou

Autre sujet de commentaires dans la presse : la reprise des négociations israélo-palestiniennes. Ce sera le 2 septembre à Washington. « La reprise de ces négociations de paix directes entre Israël et l’Autorité palestinienne, est incontestablement, pour Barack Obama, un important succès, estime La Presse de la Manche. (…) Le tour de force de Barack Obama aura été d’obtenir que les deux parties se retrouvent sans préalables. C’est-à-dire que les Palestiniens acceptent de renégocier sans qu’Israël ne renonce préalablement à l’implantation de nouvelles colonies. » Toutefois, relève le quotidien normand, « la partie n’est pas pour autant gagnée. »

En effet, constate Paris Normandie, les Américains « appellent aujourd’hui les protagonistes à négocier sans même mentionner ce gel total de la colonisation, sans lequel il n’y aura bientôt plus de territoire à négocier, et qui figure pourtant dans les résolutions adoptées par le quartet (Etats-Unis, Russie, Europe, Onu). (…) Avant même les premiers échanges, on est déjà dans le dialogue de sourds, affirme Paris-Normandie. Une issue positive en paraît bien incertaine. »

Enfin, sceptique également Le Monde : « après vingt mois de blocage complet des négociations avec les Palestiniens, c’est à ses conditions que le Premier ministre israélien a accepté de reprendre les discussions (…) Benjamin Netanyahou porte donc une lourde responsabilité : ce nouveau round de négociations sera, pour beaucoup, ce qu’il décidera d’en faire. »

 

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