Revue de presse Afrique

A la Une : va-t-on vers un nouveau scandale financier à la BEAC ?

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La Banque des Etats d’Afrique centrale refait parler d’elle. C’est le quotidien camerounais Mutations qui dévoile l’affaire : « discorde de 7 milliards de Fcfa », titre le journal qui affirme que « la banque centrale a transféré, il y a un an, plus d’argent qu’il n’en fallait à la Guinée Equatoriale. » Soit 7 milliards de Fcfa. Il s’agirait d’une « erreur » Et « le pays d’Obiang Nguema refuse de rembourser le trop-perçu », affirme Mutations. Le journal camerounais précise que la BEAC avait également versé trop d’argent au Cameroun et à la République centrafricaine, respectivement 8 et 3 milliards de trop-perçu. Mais là, les pays en question ont remboursé sans rechigner.

Alors, « la Guinée Equatoriale, elle, impose des vérifications préalables somme toute légitimes, estime Mutations, mais qui vont certainement retarder la rétrocession de ces fonds à un moment où la BEAC a plus que jamais besoin d’argent. »

Erreurs ou tentatives de détournements ?

Mais au-delà de l’attitude, peut-être tout à fait justifiée, de la Guinée Equatoriale, il y a la question de la gestion de la BEAC : « ces "erreurs" commises dans les transferts des fonds de la BEAC vers certains Trésors nationaux sont-elles de simples +erreurs+ commises de bonne foi ou alors des tentatives de détournements que l’on essaye simplement de rattraper ou de camoufler ? », s’interroge Mutations qui rappelle les récents scandales qui ont affecté l’institution : les détournements au bureau de Paris (19 milliards de Fcfa), le niveau d’implication au moins indirect des plus hauts responsables de la banque centrale et les maquillages des comptes qui s’en sont suivis pendant quatre ans, entre 2004 et 2008. Alors, « à la découverte de ces "erreurs", les auteurs ont-ils été au moins sanctionnés au regard des conséquences de leur faute qui entame davantage la crédibilité de cette banque qui manipule tout de même les avoirs de six Etats ? », s’interroge Mutations. « Loin de tout acharnement contre cette prestigieuse institution, poursuit le quotidien camerounais, ce sont là autant de questions que l’on est fondé à se poser dans cette affaire, qui, on l’espère, ne débouchera pas sur un nouveau scandale. »

Un partenariat « décomplexé »

Colère en Italie au sein du monde politique et des médias : en visite officielle à Rome, le colonel Kadhafi a plaidé, dimanche, au cours d’un discours, pour que l’Islam devienne « la religion de toute l'Europe ». Dans son éditorial, le quotidien italien La Stampa affirme que les échanges commerciaux ne justifient pas que l’Italie doive accueillir, je cite, « des numéros de clown aussi grotesques ». Le quotidien Le Pays , au Burkina, ne s’appesantit pas sur ce qu’il considère comme une anecdote. « Sans doute, écrit-il, les Européens ne retiendront-ils de la visite du Guide libyen en Italie, que ses déclarations tapageuses (…). Mais pour les Africains, ce séjour a valeur de symbole, estime Le Pays. Cette visite intervient en effet dans le cadre du deuxième anniversaire du traité d’amitié qui a beaucoup décrispé les relations entre les deux pays, rappelle le quotidien burkinabé. Aux termes de ce traité, Tripoli devra, entre autres, empocher la coquette somme de 5 milliards de dollars à titre de compensation de plus de 3 décennies de colonisation. Bien sûr, l’Italie aussi tirera profit de l’embellie de ses relations commerciales avec la Libye. » Et pour Le Pays, il s’agit là d’un partenariat « gagnant-gagnant » et « décomplexé », car, affirme-t-il, « cet Etat du désert a su rester ferme face aux influences des grandes puissances. Ce qui n’est pas le cas des anciennes colonies françaises d’Afrique. »

Vers un apaisement avant la campagne ?

Le processus électoral en Guinée. Selon le site d’information Tam-Tam Guinée, c’est demain mercredi que le médiateur dans la crise guinéenne, Blaise Compaoré, va recevoir les deux candidats en lice pour le second tour de la présidentielle. « A savoir, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé. » Cette rencontre a comme objectif, selon Tam-Tam Guinée, « d’ "apaiser la situation" politique marquée par une tension entre les deux camps et d’aller aux élections dans la sérénité et l’acceptation des résultats par les deux parties. » Et puis selon Aminata, autre site d’information guinéen, « l’ouverture de la campagne électorale pour le second tour de la présidentielle pourrait intervenir le 4 septembre prochain. (…) Le projet de décret serait prêt et n’attendrait plus que d’être signé par le Général Sékouba Konaté. Cette date du 4 septembre ne constituerait pas une surprise, reconnaît Aminata, si le second tour est maintenu pour le 19 septembre et à la lecture de la loi électorale qui indique que l’ouverture de la campagne intervient quatorze jours avant la date du scrutin. »

 

 

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