Chronique des matières premières

Les relations paradoxales de Barack Obama avec l’industrie pétrolière

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Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis ont lieu six mois après le déclenchement d'une marée noire sans précédent, qui a contribué à brouiller un peu plus l'image du président Obama. C'est un comble mais Barack Obama, premier président américain favorable à l'essor des énergies renouvelables, a fini par persuader l'opinion américaine qu'il était devenu l'allié de l'industrie pétrolière. En tout cas, ses atermoiements auront beaucoup brouillé les pistes.

Au lendemain de son élection en novembre 2008, il dit vouloir investir 150 milliards de dollars dans les industries vertes, il martèle qu'il va diminuer la dépendance pétrolière des Etats-Unis, en abaissant leur consommation de pétrole de 35 %. Un peu moins d'un an et demi plus tard, fin mars 2010, il dévoile un plan qui encourage le développement tous azimuts des forages pétroliers, dans l'Atlantique, dans le golfe du Mexique, et jusqu'en Alaska.

Moins d'un mois plus tard, la plateforme pétrolière Deepwater Horizon explose, tue onze hommes et provoque la plus grave marée noire de l'histoire des Etats-Unis. L'administration Obama reprend alors ses habits verts : un moratoire est décidé sur les forages en eau profonde, à plus de 500 mètres. Ce gel des opérations doit normalement se prolonger jusqu'au 30 novembre prochain, au delà des élections mais le moratoire est levé de façon anticipée le 12 octobre dernier, on ne peut qu'y voir une faveur d'Obama à l'industrie pétrolière, forte de dizaines de milliers d'emplois aux Etats-Unis.

Les compagnies pétrolières attendaient impatiemment cette décision, elles ont déjà déposé 47 demandes de permis depuis. L'extraction en eau profonde, c'est l'assurance pour elles de maintenir leur production à l'avenir et donc leurs revenus. Et finalement, à moindre frais, dans le golfe du Mexique : la géologie y est parfaitement connue, les taxes et les royalties faibles. D'ailleurs, BP, loin de fuir le golfe du Mexique malgré les lourdes réparations qu'elle va devoir verser, devrait y rester le principal opérateur. Le grand changement, en revanche, c'est que les petites compagnies indépendantes disparaîtront de l'offshore profond dans le golfe du Mexique, au profit des majors, qui pourront seules répondre aux nouvelles exigences de sécurité et de responsabilité financière, en cas d'accident.

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