Revue de presse française

A la Une : Retraites, qui a gagné, qui a perdu ?

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Oui, c’est un peu l’heure du bilan dans les journaux alors que la mobilisation contre la réforme des retraites, désormais votée, est en train de décliner. Pour Le Figaro, c’est clair : les syndicats sortent de ce conflit « affaiblis et divisés. (…) L’intersyndicale se réunit aujourd’hui pour décider de la suite à donner au mouvement. La CGT veut continuer, pas la CFDT », précise le journal.

« Une colère intacte », s’exclame en Une L’Humanité. Le quotidien communiste reconnaît que la participation aux manifestations est en « reflux, mais la colère est intacte », donc, affirme-t-il. « L’intersyndicale se réunit ce soir et, même si les avis divergent sur les formes d’action, les syndicats devraient confirmer le principe d’une nouvelle journée d’action », croit savoir L’Humanité.

Pour sa part, Le Parisien apporte des précisions sur cette neuvième journée d’action. Ce sera le 23 ou le 24 novembre, affirme-t-il. « Il s’agira d’une journée d’initiatives à la carte, précise Le Parisien, avec rassemblements devant les préfectures, tracts dans les entreprises ou plus si affinités avec les salariés… »

Rien à voir donc avec les grandes manifestations unitaires ; Sur le plan du simple résultat : la réforme est passée, les syndicats ont perdu. Mais, « malgré leur défaite, souligne la Charente Libre, les syndicats ont gagné sur les tableaux de l’opinion, de la légitimité et de la responsabilité reconnue jusque dans les rangs de la majorité. » Et le quotidien charentais d’estimer que « c’est surtout l’affaiblissement politique qui résulte de cette séquence pour Nicolas Sarkozy qui est significatif. Cible principale des manifestants alors que son Premier ministre était pratiquement épargné, le chef de l’Etat cristallise plus que jamais tous les mécontentements. »

Combatif mais pas crédible

Alors, certes, le chef de l’Etat a gagné : la loi a été votée. Mais, il s’agit là d’une « victoire au goût un peu amer pour Sarkozy », estiment également Les Echos. En effet, précise le quotidien économique, « les conditions de son succès ont de fortes chances de laisser des traces politiques : aidée par l’affaire Woerth-Bettencourt, l’opposition a, tout au long du conflit, collé à la politique du chef de l’Etat un adjectif, injuste, dont il aura du mal à se débarrasser. »

Justement pour ce qui est de l’opposition, Les Echos estiment que le PS s’est montré certes « combatif », mais qu’il n’a pas réussi « à se poser en alternative crédible. »
Ce que déplore Libération. Libération qui stigmatise « l’étrange course de lenteur qui occupe les chefs de file du PS (…). Les socialistes ont fixé à l’automne 2011 la tenue de leurs primaires, précise le journal ; chaque semaine qui passe montre la nocivité de ce calendrier. Il n’y a pas de leader pour l’opposition et le trop-plein des candidats aboutit à une cacophonie soft qui brouille tous les messages. Il eût fallu, pour que l’opposition soit audible, trancher beaucoup plus tôt », estime le journal. Résultat, pour Libération : « le Président en difficulté n’a devant lui que des opposants affaiblis par leur dispersion. Ils s’uniront dans un an, laissant au Président, pratiquement seul en scène, douze mois pour se refaire. »

A propos justement des primaires à gauche, ce sondage publié par France Soir qui montre une nouvelle fois que Dominique Strauss-Kahn « caracole plus que jamais en tête des présidentiables socialistes. » Commentaire du journal : « plus DSK se tait, plus sa cote monte. » Peut-être serait-ce là la solution pour certains : qu’ils se taisent.

En attendant, « la France flotte », constate La Croix. « Trop d’incertitudes, de craintes et de plaintes, de défiance aussi. L’horizon doit donc s’éclaircir », affirme le quotidien catholique. Exemple : « sur le plan social, les discussions sur l’emploi des jeunes et des séniors, suggérées par la CFDT, doivent s’engager vite, estime La Croix, obtenir des résultats concrets pour dissiper le fumet d’injustice qui flotte sur le dispositif gouvernemental (sur les retraites) ».

Coup de tabac !

« Tabac : l’impôt injuste » : c’est le coup de gueule de France Soir. Le prix des cigarettes augmente ce lundi de 6% et pour France Soir « ce nouveau coup de tabac pour les fumeurs est inégalitaire parce qu’il touche les pauvres plus que les riches et il est inefficace en terme de santé publique ». En fait, poursuit le journal, cet « impôt sur les cigarettes a tous les défauts saut un : c’est un impôt idéal du point de vue de l’Etat ! »

En effet, « à quoi sert la hausse du tabac ? », s’interroge Le Parisien en Une. Et bien à remplir les caisses de l’Etat. L’Etat qui « va encaisser 660 millions d’euros supplémentaires. » Et cette augmentation ne découragera pas les fumeurs. En effet, « les médecins et les antitabac soutiennent qu’à moins de 10% de hausse, on ne renonce pas à son paquet si on est accro, explique Le Parisien. La preuve ? Les fortes augmentations décidées en 2003-2004 par Jacques Chirac avaient entraîné une chute des ventes de 30%. Mais depuis 2005, les ventes ne baissent plus », constate le journal. Et le nombre de fumeurs repart même à la hausse. En particulier chez les chômeurs. Commentaire du Parisien : « la crise économique n’a rien arrangé. »

 

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