Revue de presse française

A la Une : de de Gaulle à Sarkozy

Audio 04:27

Publicité

 

Il y aura 40 ans ce soir, le général de Gaulle mourrait chez lui à la Boisserie, sa maison de Colombey-les-deux-Eglises. Ce 40e anniversaire de la disparition du Père fondateur de la Ve République ne fait pas la Une des journaux, loin s’en faut, mais il alimente bien des commentaires, parfois un peu désabusés, à l’instar du Courrier Picard : « quarante ans ont passé. La France d’aujourd'hui est orpheline de son Père fondateur. Elle n’a toujours pas trouvé de père adoptif. Certes et c’est une chance, il n’y a plus de grande guerre pour faire surgir de grands hommes. Mais on attend toujours que se révèle un nouveau de Gaulle. (…) Las, soupire le quotidien picard, il n’est pas encore révélé celui (ou celle) qui bousculera les ordres établis et reviendra aux valeurs fondamentales de l’engagement politique. »

Alors, « ce matin, constate Le Dauphiné, au cimetière de Colombey, le président Sarkozy viendra se recueillir sur la tombe du grand Charles. Pas sûr que ça suffise à réchauffer le peuple, ni les sondages », s’exclame le journal.

Ce que de Gaulle n’aurait pas fait

Et le ton devient encore plus acide avec Le Progrès : « quel anniversaire ! Villepin vilipende Sarkozy, Sarkozy tacle Copé, Fillon tance Sarkozy, Chirac est renvoyé en correctionnelle… Gardons-nous certes de toute nostalgie : le gaullisme n’a jamais été un champ de roses, et la grandeur du Général a couvert bien des petitesses. Mais tout de même, affirme le quotidien lyonnais, il se confirme en ce jour anniversaire que l’histoire dégringole toujours de la tragédie à la farce. (…) Et ce qui gêne dans la comédie actuelle, poursuit Le Progrès, c’est que les petits-enfants jouent encore au Général. Un peu comme Napoléon III, dit Napoléon le Petit, car il fut Petit bien davantage que Napoléon. »

Sud Ouest enfonce le clou. « Au moins peut-on deviner ce que de Gaulle ne ferait pas : fêter son élection au Fouquet’s, organiser une compétition publique entre des Premiers ministres potentiels, ramener la France dans le giron de l’Otan… Autant dire que l’actuel Président qui s’inclinera ce matin sur la tombe du Général n’en est qu’un pâle et bien indirect héritier. Plus que jamais, de Gaulle appartient à tout le monde. »

Enfin dans cette série d’allers et retours entre le passé et le présent, le coup de grâce asséné par La République du Centre : « Voici donc Nicolas Sarkozy sommé de redonner une ambition collective pour le pays au moment où le navrant feuilleton du remaniement altère un peu plus son action devenue brouillonne et velléitaire. Du général de Gaulle, on disait qu’il avait une certaine idée de la France. De Nicolas Sarkozy, les Français ont, depuis quelques temps, une idée très incertaine. »

Pauvreté : les jeunes en première ligne

Les grands sujets à la Une : on commence par la pauvreté. Le Secours catholique rend ce matin son rapport annuel sur la question. « Les nouveaux visages de la pauvreté », titre La Croix qui pointe l’une des conclusions de ce rapport : « de plus en plus de ménages sont dans le rouge, dès le début du mois, bien qu’ayant des revenus, car leurs dépenses contraintes (loyer, électricité, téléphone, assurances) excèdent leurs ressources. » La crise est passée par là. « En 2009, les conditions de vie des plus modestes se sont considérablement dégradées. »

Et parmi les populations les plus exposées : les jeunes. « Diane, 20 ans : vivre avec 475 euros par mois » : c’est la Une du Parisien qui nous fait donc découvrir le quotidien de cette jeune femme, animatrice 8 heures par semaine dans une cantine d’école en Seine-Saint-Denis : 260 euros par mois plus les aides sociales. Elle ne s’en sort pas. « Mon ambition, dit-elle, c’est d’avoir mon studio pour me sentir comme les autres. » Pour l’instant, elle occupe « une chambre dans un hôtel défraîchi », une chambre financée par la Caisse d’assurances familiales et le département. En France, pointe Le Parisien, « un jeune sur cinq vit sous le seuil de pauvreté », c'est-à-dire avec moins de 950 euros par mois.

« Villepin provoque un tollé à droite » : c’est le grand titre du Figaro après la petite phrase de l’ancien Premier ministre, dimanche qualifiant Nicolas Sarkozy comme étant « l’un des problèmes de la France. »

Et puis à la Une de Libération, photo pleine page de Michel Houellebecq, lauréat du Goncourt 2010 : « la revanche d’un emmerdeur », titre le journal qui qualifie l’écrivain de « provocateur déroutant et dérouté. » Pour Le Figaro, enfin, c’est « le sacre d’un esprit subversif. » Finalement, Michel Houellebecq, c’est un écrivain qu’on adore détester ou inversement…

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail