Chronique des matières premières

Le prix de la bière entraîné par la hausse des cours de l’orge de brasserie en Europe

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Carlsberg est le premier à l'annoncer : le quatrième brasseur mondial s'apprête à augmenter le prix de la bière. « Nous faisons face à des coûts de revient plus élevés », justifie le directeur général du groupe, faisant allusion aux cours de l'orge brassicole, qui ont presque doublé en quelques mois. L'orge de brasserie, c'est l'orge de la meilleure qualité, l'orge de printemps dont on fait germer les grains pour fabriquer le malt. Or, la canicule n'a pas seulement nui aux récoltes de cette orge en Russie et en Ukraine, mais aussi en République tchèque, en Roumanie, en Allemagne et au Danemark. Dépassant à peine 10 millions de tonnes, la production européenne est amputée de moitié par rapport à l'an dernier. Résultat, la demande va reposer plus encore que d'habitude sur la récolte française d'orge brassicole, la plus importante au monde, relativement épargnée par la météo.

Face à cela, les malteurs et les brasseurs ont trois possibilités : ou répercuter la hausse de l'orge malté ; ou abaisser la quantité du malt incorporée dans la bière, ou accepter un malt de moins bonne qualité, à base non plus seulement d'orge brassicole, mais aussi d'orge fourragère, l'orge d'hiver, normalement destiné à l'alimentation animale.

Mais cette orge-là aussi a subi la canicule dans la zone de la mer Noire, la demande est toujours très forte au Moyen-Orient. Les prix seront désormais fonction du rythme auquel l'Union européenne relâchera ses stocks d'intervention, constitués lorsque les cours étaient au plus bas l'an dernier.

Les brasseurs sont donc dans l'expectative ; ils n'ont plus de stocks tampons, vidés pendant la crise, alors que la consommation de bière marquait le pas. Et ils n'ont pas encore pris le pli de se couvrir sur le marché à terme européen de l'orge de brasserie, né au printemps. Cependant, si Carlsberg fait mousser le prix de la bière, notamment en Russie où ce brasseur fait 50 % de ses profits, c'est surtout pour ne pas trop ralentir la progression des bénéfices, de retour après la crise. Car le grain d'orge n'entre que pour 10 % dans le prix de revient de la bière.

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