Revue de presse française

A la Une : l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy

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Pas de changement de Premier ministre : François Fillon reste en place. Bien sûr, pas non plus de changement de président, c'est toujours Nicolas Sarkozy. Mais, comme le note Patrick Flukiger dans l'Alsace « c'est un Sarko nouveau qui a débarqué hier soir avec deux jours d'avance sur le Beaujolais nouveau, le vin le plus célèbre du mois de novembre ».

Outre l'éditorialiste de l'Alsace, ils sont nombreux parmi les commentateurs à relever ce changement de ton : plus calme, plus posé, voire plus grave.

François Martin, l'éditorialiste du Midi Libre, a vu hier soir un « Président dans un nouveau costume. Plus consensuel. Plus à l'écoute. Garant de l'intérêt général. Mais toujours aussi réformateur. Hier soir, Nicolas Sarkozy a montré un nouveau visage » résume François Martin.

Son confrère du Progrès de Lyon Francis Brochet approuve quand il écrit à propos du président : « Regardez-moi, je parle moins, je prends mon temps, je réfléchis ». Pour Francis Brochet,  « on est certes encore loin du moine zen, et des bouffées d'énervement s'échappent parfois contre les commentateurs, mais on est également loin du Fouquet's et du parler populo des débuts ».

« Avant de remanier le gouvernement, Nicolas Sarkozy a commencé par se remanier lui-même » confirme Bruno Dive dans Sud-ouest. Jean-Marcel Bouguereau,  de La République des Pyrénées, y voit « une sorte de remaniement personnel à l'intérieur du remaniement ministériel ».

Citons encore Jacques Camus, l'éditorialiste de La République du Centre : « D'une certaine manière, le chef de l'État a fendu l'armure (...) Il s'est employé à cultiver l'image d'une certaine force tranquillisée pour ne pas dire d'une force tranquille ! Oui, notre hyper Président a consenti des efforts sans précédent pour apparaître humain et humble ».

Ce changement serait non pas voulu mais subi : La Presse de la Manche fait partie de ceux qui l'attribuent à « l'expérience qui rend plus sage », également à l'impact de la crise. « On dit que le pouvoir rend fou, écrit La Presse de La Manche, le président de la République s'est appliqué à nous démontrer qu'au contraire il rendait plus responsable et que détermination et sérénité pouvaient, avec l'expérience, rendre plus mature ».

Sur le fond, des avis partagés

Certains ont apprécié l'intervention du président, d'autres pas. Parmi ces derniers, Olivier Picard des Dernières Nouvelles d'Alsace. Il déplore « beaucoup de platitudes qui ont contrasté avec l'atmosphère passionnelle de ces dernières semaines ».

Son confrère de la Dépêche du Midi Jean-Claude Souléry a choisi le registre culinaire :  « Le jour même où la cuisine française entrait au
Patrimoine de l'humanité, c'est un drôle de bouillon qui nous a été servi ». Mon confrère s'explique (je le cite)  : « C'est un art que d'accommoder les restes -  sécurité, port du voile, roms, réforme des retraites - mais, comme une mayonnaise qu'on n'arrête pas de remuer, il arrive que ça ne prenne plus ».

Jean-Paul Piérot, dans L'Humanité, affirme que « le discours présidentiel ne passe plus. Trop d'engagements reniés, de tromperies auxquelles des millions de gens modestes ont cru avant de découvrir l'ampleur de l'imposture ».

A l'inverse, le directeur du Figaro,  Etienne Mougeotte, salue l'annonce de plusieurs réformes, dont celles de la dépendance et de la fiscalité : « Ceux qui avaient cru à la thèse de la pause, ou de la rupture dans la rupture, en seront pour leurs frais » écrit Etienne Mougeotte.

Dans le quotidien économique Les Echos, Jean-Francis Pecresse estime qu'en s'attaquant à ces chantiers, Nicolas Sarkozy a engagé le « combat contre l'électoralisme ». Les Echos retiennent en gros titre de une la prochaine refonte de la fiscalité du patrimoine. « La Réforme  jusqu'au bout », c'est la version de La Tribune.

Terminons ce tour d'horizon des éditoriaux par le point de vue de Laurent Joffrin. Il soutient dans Libération que la prestation d'hier soir inaugure la seconde phase du quinquennat de Nicolas Sarkozy dans un style moins abrupt, adouci, une version « soft » du sarkozysme.

« Un sarkozysme sans les excès du sarkozysme, écrit Laurent Joffrin : c'est le message qui se dégage de l'intervention à la fois tendue et austère que le président de la République a déroulée sur près de deux heures de temps, destinée avant tout à corriger les errements et les étrangetés stylistiques qui ont émaillé la première partie du quinquennat : on passe du baroque au classique ».

Le Canard Enchainé lui, affirme qu’ilse fait du « mauvais centre ». Allusion aux départs du gouvernement des Jean-Louis Borloo et autres Hervé Morin.

Mais les leaders centristes n'ont pas dit leur dernier mot. Lu encore dans Le Canard Enchainé : Jean-Louis Borloo est persuadé que dans quatre mois les élections cantonales seront douloureuses pour le chef de l'Etat, qui, alors, n'aura d'autre choix que de le nommer au poste de Premier ministre. Autrement dit, d'après Jean-Louis Borloo, François Fillon n'a qu'un CDD de quatre mois à Matignon. A suivre !

 

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