Revue de presse Afrique

A la Une : le procès Bemba devant la Cour pénale internationale

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« Le procès de Jean-Pierre Bemba réveille de douloureux souvenirs pour les Centrafricains » : c’est ce que constate le site d’information Centrafrique-Presse. « Tous seront à l’écoute de la Haye à compter de ce lundi, poursuit-il, jour d’ouverture du procès de l'ancien vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis en République Centrafricaine entre octobre 2002 et mars 2003. »

Centrafrique-Presse rappelle que « le MLC, le Mouvement de Libération du Congo de Jean-Pierre Bemba, avait envoyé en République centrafricaine deux bataillons, soit 1.000 à 1.500 soldats, en soutien au régime d’Ange-Félix Patassé, menacé par une rébellion du général François Bozizé, qui a fini par s’emparer du pouvoir en mars 2003. »

Centrafrique-Presse qui publie de nombreux témoignages de femmes violées et qui relève cet extrait du rapport du procureur-adjoint de la CPI, Fatou Bensouda : « Jean-Pierre Bemba, écrit-elle, voulait traumatiser et terroriser la population afin de la décourager de soutenir les rebelles ; il a utilisé les viols comme une arme de guerre, les viols de mères en présence de leurs enfants et d’enfants devant leurs parents forcés à regarder. Les hommes de Bemba, écrit-elle encore, allaient de maison en maison, pillant les propriétés des civils, violant les mères, épouses et filles, sodomisant les chefs des communautés et d’autres hommes, tuant ceux qui résistaient ou essayaient de se protéger. »

Pas un obscur milicien…

De nombreux articles également sur ce procès Bemba dans la presse congolaise. Là, peu ou pas de témoignages, il est surtout question de procédure, du déroulement du procès devant la Cour pénale internationale de la Haye. « Cela fait plus de deux ans que le sénateur Jean-Pierre Bemba tente d’échapper à ce procès, remarque le quotidien L’Observateur . En effet, ses avocats ont tenté par tous les moyens d’éviter à leur client ce procès en contestant la recevabilité de l’affaire. Cette fois-ci sera certainement la bonne. Aujoud'hui, Jean-Pierre Bemba Gombo va affronter, les procureurs de la Cour pénale internationale (…). Troisième procès entamé par la CPI, relève le quotidien congolais, celui-ci, sans nul doute, est loin de ressembler aux précédents. La personnalité de l’accusé lui confère un caractère particulier. L’accusé n’est pas un obscur milicien cueilli derrière les barreaux d’une prison kinoise. Il est un poids lourd de la vie politique congolaise, rappelle L’Observateur. Homme d’affaires richissime, M. Bemba disposerait d'un patrimoine de plusieurs centaines de millions d'euros. Il est la première personnalité politique d'envergure poursuivie par la Cour. »

Pour sa part, La Prospérité , autre quotidien congolais remarque que si la FIDH, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, « se réjouit de ce procès, l’Union pour la Nation, la plateforme politique qui a soutenu Bemba à la présidentielle de 2006, soutient qu’il est surprenant et moralement inadmissible que les personnes qui ont sollicité l’intervention des troupes de Jean-Pierre Bemba et sous l’encadrement desquelles ces dernières se trouvaient, continuent à se promener librement à travers le monde, sans être inquiétés et que seul, Bemba, positionné loin du théâtre des opérations au moment des faits, croupisse dans les geôles de la CPI. »

La non-implication des autorités centrafricaines de l’époque sera en effet l’un des arguments des défenseurs de Bemba.

Blaise succédera à… Compaoré ?

Le premier tour de la présidentielle au Burkina… Le fait marquant de ce scrutin pour L’Observateur   est « la désaffection de l’électorat pour les urnes. (…) Nous avons vécu une campagne électorale qui n’emballait pas grand monde, et sans véritable relief, relève le quotidien burkinabé. Conséquence, c’est sans enthousiasme que bien des électeurs ont été hier aux urnes. Pour les véritables joutes oratoires, il faudra attendre, car, avec les prochaines législatives et municipales couplées et les grands débats qui ne manqueront pas autour de l’article 37, il y aura plus de grain à moudre. Les vraies batailles restent donc à venir. »

Il est vrai que l’issue du vote ne fait guère de doute… C’est ce que relève Le Républicain   au Mali : « Qui va gagner n’est pas l’enjeu de la présidentielle burkinabé dont le premier tour s’est

déroulé hier sans heurts ni injures. Blaise succédera à Compaoré, affirme Le Républicain, sans avoir besoin de recourir à la jurisprudence électorale du continent faite de bourrage d’urnes et de holdups électroniques. L’enjeu immédiat sera la victoire au premier tour avec un taux de participation élevé et plus tard, relève le quotidien malien, ce sera un probable déverrouillage constitutionnel permettant au vainqueur de briguer cinq autres années. »
 

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