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En sol majeur

2. Sophia Charaï

Audio 26:31

La famille de Sophia Charaï appartient à la bourgeoisie libérale et cultivée qui a voulu un Maroc moderne. Grand-père très religieux, père architecte. À la maison, on écoute du jazz et de la soul, on regarde les paillettes de Maritie et Gilbert Carpentier retransmises par la télé marocaine. Si on chante en arabe, c’est dans les films égyptiens avec  Farid El Atrache. Sophia arrive à dix-sept ans à Paris, pour des études d’architecture. Ce sont ses études d’architecture qui l’amènent à chanter : « Pour faire connaître son école, notre directeur a eu l’idée de nous faire monter un énorme spectacle avec soixante personnes sur scène. » Sophia chante,   elle a son diplôme et construit  quelques maisons, mais elle bifurque vers le circuit des clubs de jazz avec les reprises des grands classiques, elle est aussi photographe, tente plusieurs expériences au théâtre, dessine deux collections de haute couture…

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Sophia épouse Mathias Duplessy, guitariste, compositeur et producteur (Enzo Enzo, Dikès, Bevinda…) ensemble, ils voyagent à la rencontre du flamenco ou parcourent l’Inde. Ils enregistrent des bandes originales de films indépendants indiens ou se lancent dans des jam sessions effrénées dans des maisons amies. La voix jazz et les voix indiennes, la guitare flamenca, le sarangi et le tabla : des musiciens savants, des musiciens des rues et des musiciens de la bohème parisienne tout ensemble.
Pichu raconte tout cela, et dans une langue qui a rarement connu tel dépaysement : Mon premier album était en arabe littéraire, dit Sophia. Je voulais quelque chose de plus rugueux, une matière et une mise en bouche plus directement sensuelles. Au départ, c’est un pari de chanter de telles mélodies en marocain, mais c’est vite devenu une évidence.
Mathias Duplessy construit des ambiances musicales en jouant très vite tous les instruments, puis elle compose une mélodie. Elle se souvient parfois du Chopin joué au piano pendant dix ans de son enfance, retrouve le Brésil ou le jazz des nuits parisiennes, s’émerveille de ses butins indiens ou flamenco. Faire de la world en anglais ? « Il était logique de prendre une autre langue quand on va vers toutes ces couleurs à la fois. Pour le marocain, je travaille avec Mohamed Zemmouri sur le texte, en créant des scénarios qui se greffent sur le climat musical. » Personnages abracadabrants, confessions poétiques, souvenirs masqués : pour la première fois, la langue marocaine s’évade dans le maelström d’accointances, de souvenirs et d’appartenances d’une musicienne du nouveau siècle.

 

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