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Chronique des matières premières

Le prix du cacao grimpe avec la crise ivoirienne, mais on est loin du record de juillet

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La tonne de cacao livrable en mars prochain tutoie les 2 000 livres sterling la tonne depuis la semaine du 13 décembre. C'est un net rebond du plancher de 1 700 livres atteint au mois de novembre lorsque l'on misait encore sur une récolte abondante en Côte d'Ivoire. On est pourtant très loin des 2 732 livres de juillet dernier, un coup de chaud qu'on n'avait plus vu en 33 ans !

Un achat massif de lots sur le marché à terme londonien, piloté - on le sut très vite - par le négociant Anthony Ward, coutumier de ce genre d'opérations spéculatives, avait propulsé les cours à ces sommets. Sa maison, Armajaro, avait acheté 240 000 tonnes de fèves, l'équivalent de 7 % du cacao mondial  pour une valeur d'un milliard de dollars. Depuis, les cours du cacao ont chuté de 30%. Anthony Ward a donc perdu son pari haussier et a fini par vendre à terme en autorisant la livraison d'une majeure partie de ses stocks en échange du contrat de décembre, qui arrivait à échéance mardi dernier.

Les cours ne se sont pas effondrés pour autant. Comme le remarquent judicieusement certains courtiers, ces centaines de milliers de tonnes de fèves ont trouvé preneur auprès de très gros acteurs : le négociant américain ADM et le Singapourien Olam, alors qu'on estimait jusqu'à présent que les acheteurs avaient acquis suffisamment de fèves pour se permettre d'attendre que les prix redescendent l'an prochain. C'est que les avis divergent sur le sort de la récolte ivoirienne. Certains exportateurs soulignent que des quantités de fèves rejoignent les ports cahin-caha. D'autres, au contraire, estiment que les pertes pourraient atteindre jusqu'à 100 000 tonnes parce que les transports sont bloqués et que les fèves, stockées dans de mauvaises conditions, pourraient se gâter.

Pour l'heure, cependant, ce ne sont pas les fèves que les industriels s'arrachent sur le marché physique, ils se sont couverts très tôt, mais le beurre de cacao : les acheteurs craignent que les prix ne s'envolent davantage l'an prochain.

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