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Chronique des matières premières

BP souhaite tourner la page de la marée noire aux Etats-Unis en misant sur l’Arctique russe

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BP n'est pas encore sortie des retombées judiciaires et financières de la marée noire aux Etats-Unis qu'elle décide d'ouvrir un nouveau chapitre de son histoire en Russie. La major vient de conclure une alliance avec Rosneft, la puissante compagnie pétrolière publique russe, pour avoir accès aux réserves réputées gigantesques de l'Arctique.

BP, coutumière des projets aventureux, n'a pas été rebutée par ses expériences malheureuses en Russie. C'est le même Bob Dudley, qui avait été privé de visa par les autorités moscovites en 2008 et aujourd'hui patron de BP, qui vient de signer non pas un accord d'exploration classique, où l'on partage les revenus des éventuelles découvertes, mais un échange de participation croisée avec Rosneft : BP monte au capital de la compagnie publique russe à hauteur de quasiment 11% et Rosneft acquiert 5% de BP. La major britannique s'engage à payer la totalité des coûts d'exploration dans une zone de l'Arctique russe et plus précisément de la mer de Kara, plus vaste que la mer du Nord britannique. Si la production est au rendez-vous, pas avant dix ans probablement, elle se remboursera et largement. En résumé, les deux compagnies lient leur sort à long terme.

Rosneft a tout intérêt à cette alliance : elle ne déboursera rien pendant la phase d'exploration et elle bénéficiera de l'expertise de BP dans l'offshore profond - malgré la catastrophe dans le golfe du Mexique, BP reste de loin le premier acteur de ce type de forages aux Etats-Unis. Cette alliance sera aussi utilisée par le pouvoir de Moscou, qui pilote Rosneft, pour encourager les autres investisseurs étrangers, souvent frileux.

Pour BP, c'est une façon de tourner la page de la marée noire, même si la major est loin d'avoir payé toutes les réparations qui pourraient se monter à 40 milliards de dollars. Son projet russe pourrait dans un premier temps redonner des couleurs à l'action BP, qui a perdu le quart de sa valeur depuis la catastrophe. Mais c'est surtout une nouvelle frontière qui s'ouvre, avec des perspectives de profit considérables puisque l'Arctique est susceptible de contenir un cinquième des réserves non encore explorées d'hydrocarbures de la planète, deux tiers des réserves de gaz de tous les pays du Moyen-Orient réunis. Évidemment, étant donné les antécédents de BP, l'accord inquiète beaucoup les écologistes. Il irrite aussi les politiciens américains qui ont rebaptisé BP « Bolchoï Petroleum » !

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