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Revue de presse française

A la Une : les troubles en Egypte

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« Après la Tunisie, l’Egypte s’enflamme à son tour », s’exclame Le Parisien. « Et maintenant l’Egypte », constate France Soir. « Egypte : un autre président en péril », relèvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. « Egypte : Moubarak sort la matraque », affirme Libération. « Egypte : les manifestants reçoivent le soutien d’Obama », note Le Figaro en Une avec la photo de cette manifestante arborant le V de la victoire.
Alors va-t-on vers un scénario à la tunisienne ? Pas sûr… Car comme le remarque Le Figaro, « l’Egypte n’est pas la Tunisie. Avec plus de 80 millions d’habitants, c’est un pays d’une toute autre dimension, le pivot du monde arabe, situé à la frontière d’Israël et traversé par un puissant courant islamiste (les Frères musulmans). (…) Dans ces conditions, poursuit Le Figaro, l’inquiétude de la communauté internationale s’exprime ouvertement. (…) Prudents mais alarmés, les Etats-Unis et l’Union européenne appellent tous deux l’Egypte à 'répondre aux aspirations' de la population. C’est en effet maintenant qu’il faut agir. (…) Seule une ouverture contrôlée, estime Le Figaro, peut éviter un dérapage dont les islamistes seraient les premiers à profiter. »

« L’Egypte n’est pas la Tunisie, renchérit Libération. En cas de chute du régime, les Frères musulmans, très puissants malgré leur interdiction et la répression, sont sûr de récupérer la mise. Un scénario catastrophe – et inacceptable – tant pour Israël que les Etats-Unis et les Européens. Deuxième différence de taille (avec la Tunisie), relève Libération, en Egypte, l’armée – dont est issu Moubarak- gouverne le pays. Si jamais elle sent que le système pourrait être emporté avec le président, elle n’hésitera pas à prendre les devants et à le renverser. Avec la bénédiction des Occidentaux qui, une fois de plus, note Libération, ont attendu trop tard pour s’émouvoir du manque de démocratie en Egypte. »

Trop tard ?

En effet, comment va réagir l’armée égyptienne ? Pour l’instant, c’est la grande inconnue, comme le remarque La République des Pyrénées : « alors que tout indique qu’en Tunisie l’armée a joué un rôle déterminant dans la chute de Ben Ali, en Egypte, c’est elle qui est aux commandes (…). Donc c’est l’incertitude qui prévaut alors que les militants ont appelé à de nouveaux rassemblements vendredi, après la traditionnelle prière musulmane. »

Encore une fois, attention à la comparaison avec la Tunisie : « l’échelle n’est pas la même, affirment Les Dernières Nouvelles d’Alsace. La fuite de Ben Ali a secoué tout le Maghreb… et la France. La chute de la maison Moubarak, elle, provoquerait un séisme qui ébranlerait tout à la fois le monde arabe (…), l’avenir de la paix au Proche-Orient - dont il est un des acteurs majeurs - et au-delà l’influence des États-Unis dans cette région du monde. Les grands équilibres chancelleraient sous le choc. Une perspective qui effraie Washington, remarque également le quotidien alsacien. La Maison Blanche multiplie les injonctions à son allié égyptien pour qu’il lâche immédiatement du lest démocratique avant qu’il ne soit trop tard. Mais sans doute sait-elle qu’il est déjà trop tard… »

Comment réussir cette mutation ?

En effet, relève La Presse de la Manche, « l’Egypte est entrée dans une phase de changement, par la volonté de la rue, mais tout autant par la force des choses. (…) Un Egyptien sur deux vit en état de grande pauvreté, et la population, forte de 80 millions de personnes, voit une nombreuse jeunesse qui s’interroge sur son avenir sans grand horizon… » De plus, poursuit le quotidien normand, « Hosni Moubarak, à plus de 80 ans, est un homme fatigué, malade (…). Repartir pour un nouveau mandat, à son âge, et dans ces conditions, n’est pas réaliste. Installer son fils à sa place, ne l’est pas davantage. » Et La Presse de la Manche de conclure : « comme en Tunisie, toute la question maintenant est de réussir une mutation, toujours difficile, lorsqu’après un long temps immobile, l’Histoire, brutalement, se remet en marche. »

Il y a donc comme un parfum de jasmin en Egypte. « Oui, s’exclame Le Courier Picard, « le spectre de la fuite de Ben Ali et la perspective d’un scénario à la tunisienne pénètrent les esprits au Caire. Les situations sont certes différentes mais le parallèle est tentant. A commencer par une même aspiration aux réformes dans un pays soumis au règne sans partage d’un parti quasi unique. Les slogans conspuent Moubarak (…). Moubarak qui a annoncé la couleur : il réprimera sans faiblesse les manifestations, fussent-elles pacifiques. Et il fait ce qu’il dit. Au Caire, le sang a commencé à couler… »

Enfin ce commentaire de cette spécialiste du monde arabe, Basma Kodmani, interrogée par Libération. « On est objectivement devant un processus révolutionnaire, affirme-t-elle. (…) On entre dans une année décisive et on ne fera pas l’économie d’un grand changement avec les prochaines élections. »

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