Revue de presse Afrique

A la Une: le « vendredi du départ » en Egypte

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Les rumeurs sur un prochain départ d'Hosni Moubarak, après 29 ans passés au pouvoir, se font de plus en plus pressantes. On a appris à ce propos, de source américaine, que les Etats-Unis discutaient actuellement avec des responsables égyptiens des modalités de son départ immédiat, avec transfert du pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par le vice-président Omar Souleiman.

En attendant, place au « vendredi du départ », comme l'ont appelé les opposants au chef de l’Etat. Il ont promis de nouvelles manifestations de masse en ce jour de prières qui devrait mobiliser de très nombreux Egyptiens.

La question est de savoir si elles s'accompagneront de nouvelles violences entre pro- et anti-Moubarak, des violences qui pour le moment restent « au rendez-vous », comme l'observe en République démocratique du Congo le Potentiel

 « Des heurts ont repris de plus belle ce jeudi 3 février entre partisans et opposants au régime sur la place Tahrir, épicentre de la contestation au Caire (... ) La communauté internationale, qui ne cesse d'appeler à l'arrêt des violences et à une transition immédiate et en douceur du pouvoir, continue d'aider ses ressortissants à quitter le pays, à la veille d'une nouvelle journée de manifestations massives vendredi baptisée, «le Vendredi du départ». Le Potentiel croit savoir que « l'armée a avalisé tacitement le départ du président Moubarak et l'alternance politique en Egypte». Même le principal allié, les Etats-Unis, presse le régime décadent d'amorcer vite la transition qui doit culminer avec l'organisation des élections libres et démocratiques dans ce pays important d'Afrique du nord».

En définitive, conclut le Potentiel, « le peuple égyptien n'attend que le départ d'Hosni Moubarak pour ouvrir une nouvelle page de la démocratie »

 Le chaud et le froid

« Le pouvoir tente de reprendre l'initiative, la révolte se poursuit » : ainsi est résumée la situation dans le quotidien algérien El Watan, pour qui « le pouvoir égyptien, soufflant le chaud et le froid, a rejeté l'appel à un départ immédiat du président Hosni Moubarak tout en proposant un dialogue aux islamistes ».

Un autre, parmi les faits marquants des dernières heures et que souligne El Watan, concerne les journalistes étrangers qui « ont fait l'objet de violences au Caire, certains ayant été battus ou arrêtés ».

Pour Liberté , autre quotidien algérien, l'explication est la suivante : « Moubarak tente la formule du chaos ».

Liberté s'interroge sur la signification des violences des derniers jours : « Faut-il en déduire que le clan du président contesté veut plonger l’Égypte dans le chaos, après que Moubarak eut demandé au peuple (...) de choisir entre la stabilité, qu’il incarnerait lui et le chaos, qui résulterait de son départ ? C’est une option plausible à laquelle ont déjà eu recours d’autres dictateurs. Un ancien général de l’armée égyptienne, cité par la chaîne d’informations Al-Jazeera, a affirmé que Moubarak ne verrait pas d’inconvénients à ce que toute l’Égypte brûle ».

A lire sur le site internet du quotidien Liberté, alors que le même journal relève le virage opéré tout récemment par Washington : « L'après-Moubarak est en marche côté américain ».

Le vent de la liberté

Au Burkina Faso on se demande pourquoi autant de vieux dirigeants usés, contestés et même rejetés s'accrochent au pouvoir au lieu de renoncer. C'est le sens de l'analyse faite par l'Observateur

« Quelle mouche les a piqués, tous ces dirigeants imbus de pouvoir, qui attendent de se voir acculés dans leurs derniers retranchements pour, enfin, lâcher ce qu’un peuple a toujours réclamé ? Car, enfin, eux-mêmes y ont tout à perdre : prestige, pouvoir, avoir et dignité ».

 Pour l'Observateur il y a tout lieu de penser que le vent de la liberté qui s'est levé en Tunisie puis en Egypte n'a pas fini de produire ses effets :

« Fini, les rêves des fils de têtes couronnées qui ambitionnaient de se voir transmettre le sceptre royal des mains de leurs souverains de pères. Il leur faudra sans doute repasser. Le vent de liberté qui souffle sur le continent a choisi de commencer par le Maghreb. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il n’est pas dit qu’il s’arrêtera en si bon chemin. Une bonne pléthore de pays au sud du Sahara présentent les mêmes caractéristiques et portent les mêmes revendications que celles qui ont été à l’origine de l’exil forcé de Ben Ali et qui sont la cause en ce moment des nuits sans sommeil infligées au Raïs du Caire», écrit - non sans une certaine emphase- l'Observateur.

C’est aussi à la lumière des événements qu'il faut considérer les mesures prises un peu partout pour enfin répondre à l'attente des peuples. Le défi lancé aux dirigeants de la région explique sans doute ainsi la probable levée de l'état d'urgence en Algérie. A lire sur le site internet de Jeune Afrique  : « Abdelaziz Bouteflika est en passe de céder » : fortement réclamée par la société civile et l'opposition, la levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis bientôt vingt ans dans le pays, fait l'objet d'un projet de loi et semble être approuvée par le président algérien.

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