Chronique des matières premières

Le marché à terme du coton à New York veut limiter la place des investisseurs

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L'initiative ne vient ni des responsables politiques ni du gendarme des marchés. C'est la Bourse de commerce de New York elle-même qui a proposé de restreindre les achats de contrats sur son marché à terme du coton, le jeudi 3 février 2011. L'Intercontinental Exchange (ICE) veut que, dorénavant, les participants prouvent l'utilité économique de leurs achats quand ils dépassent 300 contrats, c'est à dire plus de 6 400 tonnes de coton.

Cette mesure vise clairement à limiter les achats purement spéculatifs. Les fonds d'investissement et les boursicoteurs se sont emparés du marché à terme du coton, depuis quelques mois, attirés par la flambée spectaculaire et continue des cours de la fibre. Jusqu'à présent, ce marché était surtout utilisé comme outil de couverture par les filateurs et les négociants, qui opèrent en parallèle sur le marché physique. Mais en un an la part des investisseurs purs a augmenté de 21 %. Le coton est devenu un placement, tout comme l'or, le pétrole et plus récemment les céréales et le cuivre.

Il est vrai que le prix de la fibre a doublé en un an, pour atteindre un record depuis la guerre de Sécession. La production a été frappée par la sécheresse en Chine, par les inondations en Inde et au Pakistan, du coup l'offre est pour la première fois inférieure à la demande, plus soutenue que prévu en Chine. Les paysans chinois sont d'ailleurs les premiers à exploiter cette situation, ils ont constitué des stocks, qu'ils se gardent bien de mettre à disposition du marché tant que les cours continuent de grimper. C'est la forme la plus ancienne de spéculation mais visiblement la bourse de New York pense aussi que les investisseurs purs exacerbent la flambée et gênent le fonctionnement du marché à terme. Les opérateurs traditionnels se plaignent. Les négociants de coton ou les filateurs  avaient acheté leur coton sur le marché physique et en contrepartie vendu des contrats de coton sur le marché à terme ; ils doivent aujourd'hui racheter leur contrat papier à un prix stratosphérique. Alors que le débouclage lié à l'échéance de début mars approche, ils sont de plus en plus nerveux.

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